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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 07:46

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Réalisateur : Pete Docter (Studio Pixar)

Durée : 96 min

 

Carl est un vieillard qui vient de perdre sa femme. Menacé d'être placé en maison de retraite et lassé du monde qui l'entoure, il décide de réaliser le rêve qu'il entretenait avec sa femme, mais que le quotidien a toujours empêché : découvrir les chutes du paradis en Amérique du Sud. Pour cela il accroche des milliers de ballons à sa maison et embarque avec lui un jeune scout boulimique ...

 

Up est la dernière sortie des studios Pixar (avant Toy Story 3), et leur premier film en 3D. Nul besoin de rappeler le talent, l'originalité et le charme des films de ce studio si l'on compare à Dreamworks ( Shrek) ou encore Disney avant qu'ils ne fusionnent avec Lasseter (Pixar) : Ratatouille, Nemo, Wall-E etc...

Mon âme d'enfant, ou d'adulte pas fini, n'est jamais déçu par ces divertissements extraordinaires dont la poésie n'est rarement entachée par une technologie de plus en plus hallucinante. Ici point de créatures de rêve à la plastique sublime, pas d'effets spéciEux, mais une histoire toujours des plus simples et des compagnons de route les plus attachants au possible. 
L'audace était de prendre comme personnage central un vieux bougon accompagné d'un jeune garçon gras et esseulé.

Tout fonctionne parfaitement.
On verse une petite larme sur le début du film qui retrace la vie du vieux et son histoire d'amour jamais écornée avec sa femme. Tout est évidemment caricatural et naïf mais on est habitué à cette absence d'aspérités largement compensée par des images incroyables, des effets jamais gratuits, car au service de la narration, et des couleurs chatoyantes (notamment lorsque la lumière perce à travers les ballons).

L'idée de ce vieillard qui se tire à l'aide de ballons est hautement poétique et les rencontres qu'il fait sont assez cocasses. Beaucoup d'humour à travers Dub le chien débile ou Kevin l'oiseau exotique que cherche à capturer le mêchant Charles Muntz.

La morale de l'histoire est simple et peut être un peu simpliste : il faut garder toute sa vie une âme d'enfant, ou alors il faut toujours réaliser ses rêves d'enfant, ou encore il faut toujours croire au rêve.
On ne peut rien redire là-dessus mais juste regretter que le film soit un peu convenu à l'image de ces maximes, et qu'aucune subversivité ou réelle audace dans le ton ne fassent de ce film plus que ce qu'il est : un gentil divertissement pétri de bons sentiments. D'autant que finalement le rythme est assez lent. Un peu comme celui d'un vieillard ...

Personnellement, je pense qu'après le chef d'oeuvre Mary and Max ,qui parlait aussi d'un homme à la fin de sa vie, mais avec beaucoup plus de cynisme, de noirceur, Up apparaît forcément un peu plus fade même s'il est plus coloré. Ce dernier s'adresse finalement d'office à un public plus jeune.


Pour autant impossible de bouder son plaisir. Ce petit bijou vaut largement mieux que la plupart des divertissements hollywoodiens (ou pas) que l'on nous sert (je pense par exemple à Prince of persia évoqué récemment)

 

Note : 3,5/5

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Published by Ruben Falkowicz - dans Films d'animation
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 08:40
MM



Réalisateur : Adam Elliot

Voix : Philip Seymour Hoffman, Tony Collette, etc...

Durée : 1h32

La correspondance entre un juif new-yorkais atteint du syndrome d'Asperger, forme d'autisme, et une fillette australienne, malheureuse et complexée. Une amitié qui va prendre forme et ne jamais cesser...

Pour le premier film d'animation sur le présent blog, on n'aurait pu être mieux loti qu'avec ce long métrage utilisant la stop-motion : réalisé image par image, en pâte à modeler.
C'est donc en premier lieu le travail et l'abnégation, pour arriver à un résultat si magnifique, qui forcent l'admiration et ce parce que les moyens sont ici exclusivement au service d'une histoire merveilleuse, suscitant une émotion totale.

Aucun effet gratuit, aucune volonté de séduire. Adam Elliot nous livre ici sa vision et son imagination inspirées d'une réelle correspondance qu'il a entretenue pendant 20 ans avec un homme atteint d'Asperger (un Aspie). 

Si le film est magnifique, l'esthétique, au premier abord, est assez disgracieuse. Tout est laid, les gens sont abimés, bancals, inadaptés. C'est évidemment là que le propos prend son ampleur : on ne cherche à rien normaliser ou juger, on souhaite comprendre ce qui conduit les gens à en arriver là où ils sont et surtout comment ils surmontent leurs névroses ou handicaps parfois sans ne jamais y parvenir.
Aucun manichéisme, aucune morale, juste la compassion et l'empathie que suscitent en nous le conte de ces individus mal fichus.

C'est avec les détails que le réalisateur nous attrape.
La petite tâche sur le front de Mary, le pompom rouge sur la kippa de Max, et tout ce qui constitue leur quotidien, leur environnement.
Adam Elliot crée un univers personnel et complètement nouveau, dans lequel on s'immerge peu à peu pour ne plus vouloir s'extraire.

Le sépia accompagne la vie difficile de Mary comme une carte postale un peu passée, tandis que le noir et blanc traduit la vie triste et pathétique de Max.
Max...
Personnage qui nous boulverse, nous émeut littéralement. L'humoir noir, qui sied parfaitement à ce juif new yorkais, n'arrange pas le spleen qui imprégne le film. Il serait un Homer Simpson juif version dramatique ou dépressive.

Les voix sont formidables, la bande son également, accompagnant des instants inoubliables. 

Utiliser cette forme enfantine pour parler de choses si dures que l'exclusion ou la solitude est certainement ce qui contribue le plus à faire de Mary and Max un attrape-coeur.
La correspondance entre ces deux éclopés, improbable au départ, nous en dit beaucoup sur le coeur humain. Un monde injuste dans lequel il est inutile de chercher à effacer les stigmates de nos blessures, comme la tâche sur le front de Mary ou celle finalement que laisse derrière lui Max : une simple tâche, indélébile certes, mais rien de plus.

Un petit bijou donc, terrible et magnifique à la fois, qui nous préserve de toute mièvrerie ou maniérisme et qui se hausse au sommet du cinéma d'animation nous laissant fébriles de joie et de mélancolie.

Note : 5/5
 
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Published by Ruben Falkowicz - dans Films d'animation
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