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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 21:58
welcome



Réalisateur : Philippe Lioret

Distribution : Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana

Durée : 1h50

Simon, maître nageur et quadragénaire en crise après la séparation avec sa femme Marion, est confronté à Bilal, jeune migrant kurde, qui souhaite apprendre à nager pour traverser la Manche et retrouver sa fiancée en Angleterre.
 
Welcome est certainement l'un des films récents les plus importants du cinéma français pour son ambition de faire cohabiter la dramaturgie d'une histoire romanesque avec un propos politique cinglant, photographie de notre société atrophiée par les interdictions qui l'asphyxient et d'un gouvernement qui fait résonner de façon troublante l'histoire la plus sombre de son pays. 

La réussite totale du film tient certainement à la délicatesse qu'emprunte Lioret pour nous sensibiliser au drame des clandestins, de la jungle de Calais, sans sortir l'artillerie lourde ou le pamphlet militant.

C'est ici avant tout du cinéma pur jus qui nous tient du début à la fin.
L'écriture du scénario est fine, précise, sans emphase ou sensiblerie.
Le film est sobre et sonne ainsi terriblement juste par son réalisme.
Lorsque le cinéma français fait vibrer sa fibre engagée et qu'il tente de raconter quelque chose, cela fonctionne remarquablement d'autant qu'il s'agit d'un réalisateur qui a un vrai regard, un vrai métier dans la direction des acteurs, l'écriture du scénario ou les choix de mise en scène.

Le choix des acteurs est également impeccable.
Vincent Lindon incarne remarquablement le personnage de Simon. Cet acteur dégage une épaisseur, une intensité dans le regard et à la fois un naturel étonnant. 
L'histoire d'un homme rustre, certainement mal dans sa peau dont on perçoit, sans que cela soit expliqué, les raisons de son divorce avec sa femme, laquelle s'engage dans la vie associative et prend ainsi une route incompatible avec la morosité et l'indifférence de Simon.
De la même façon, on perçoit beaucoup de la psychologie des personnages sans que rien ne soit souligné : l'empathie progressive du commissaire, les frustrations du voisin de part  les rumeurs qu'il répand et tout ce que peut donc ressentir Marion à l'égard de son mari.

Pourtant Simon se révèle progressivement aux autres et à sa femme qu'il cherche clairement à reconquérir, mais il se révèle surtout à lui-même et ce qui pouvait sembler artificiel au départ devient pour lui une raison de continuer à vivre.
Toutefois le film ne tombe pas dans la facilité de décrire la solidarité aux autres comme unique moteur, tout comme Simon ne devient pas l'humaniste parfait, restant bourru et parfois un peu con et violent. Lindon, acteur entier, ne joue certainement pas la comédie plus que cela et arrive même à nous faire rire par sa nature rustre.

Certaines scènes sont poignantes et choquantes comme celles qui décrivent les tentatives avortées de voyages en camion ou ce morceau de bravoure où Bilal traverse la mer à la nage.
Le cinéma prend le dessus sur la réalité. On comprend que c'est un grand film dont la tension dramatique et l'émotion vont crescendo jusqu'au bout.

Welcome ressemble à plus d'un titre à l'excellent The Visitor (2007) qui dépeignait les centres fermés en Angleterre à travers l'histoire d'un prof d'université exsangue, incarné par le terrible Richard Jenkins, et d'un jeune migrant qui lui redonne goût à la vie.

Lioret derrière la maîtrise et la prudence avec laquelle il aborde son sujet, ne rechigne devant rien et prend le risque de mettre en relief le sort de ceux qui sont accusés d'aide aux réfugiés avec celui des résistants condamnés pour avoir hébergé des juifs.

Pourtant il n'invente rien, et l'on pourrait comparer le climat de délation et de menace qui pèse aujourd'hui sur les citoyens, avec le régime de Vichy et ses collabos.
Car enfin, n'oublions pas que le ministre Besson, pour qui d'ailleurs le film est une insulte, menace, quoiqu'il en dise, de 5 ans de prisons ceux qui veulent aider les autres.

Ceci méritait bien que l'on s'y arrête avec un film de cette trempe...

Note : 4,5/5
 
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 19:54
follet



Réalisateur : Louis Malle

Distribution : Maurice Ronnet

Durée : 1h48

Alain est en séjour à la maison de la santé pour y soigner son alcoolisme. Seulement la dépression dans laquelle il se trouve le contraint à préférer y rester ou imaginer le pire...

Avec Le feu follet Louis Malle adapte le roman de Pierre Drieu La Rochelle qui s'inspirait lui même de son ami Jacques Rigaut toxicomane qui finira par se suicider.
L'écrivain admirait cet homme par dessus tout même s'il pouvait lui reprocher de ne rien aboutir ou de gâcher son potentiel.
Louis Malle transpose le roman de La Rochelle, alors ancré dans la période surréaliste, et d'entre deux guerres, dans une sombre période de guerre coloniale et de l'indépendance de l'Algérie. L'engagement, ou plus précisemment le manque d'engagement, est ce qui ronge Alain même s'il tente de condamner ses amis activistes de L'O.A.S.

Le film peut être appréhendé à différents niveaux. Le malaise qui conduit Alain à commettre l'inéluctable est exposé subtilement de plusieurs façons.
C'est à la fois l'angoisse de la mort, la fin de la jeunesse, mais précisément par ailleurs la mort, unique salut pour accélérer une vie morne, dans laquelle le désespéré ne parvient plus à saisir, à toucher le monde qui l'entoure.
L'image est belle. Un feu follet. Une lumière vive et incandescente dans la nuit que l'on sent fragile et éphémère. C'est par ses amis et relations que l'on comprend qui est Alain et quelle fut son prestige et son heure de gloire. Tous l'aiment, l'admirent, le désirent. Mais lui ne veut plus, ne peut plus.  Les femmes sur lesquelles il dit n'avoir jamais de prise mais en compagnie desquelles seulement, il arrive à avoir une prise sur quelque chose, ces femmes, il ne peut les désirer. L'impuissance est évoquée subtilement, en filigrane.

C'est la vieillesse que Malle aborde, mais aussi une jeunesse désabusée, qui ne peut s'engager. Le film n'est pas particulièrement marqué politiquement, mais il conserve une portée sociale. De part les rencontres d'Alain, ce sont donc des groupes dont on perçoit la satire. Les snobs parisiens qui pratiquent l'hypocrisie ou les bobos qui tentent de refaire le monde dans un climat de débauche (scène où apparaît Jean Moreau).

La mise en scène et la photographie sont magnifiques. Le texte est également finement écrit car réussissant à dépasser le cadre littéraire du livre de Drieu La Rochelle. Mais ne tournons pas autour du pot et disons le : c'est Maurice Ronnet qui porte complètement la magie du feu follet sur ses épaules. Personnage fragile et fort, avec énormément de prestance et de grace. C'est un peu le Tony Curtis français qui endosse un rôle cruellement adapté puisque l'acteur souffrait lui même de l'alcoolisme.

Difficile d'incarner avec plus de justesse, de puissance et d'intériorité le déclin d'un homme pourtant encore dans la force de l'âge.
Le film débouche inévitablement, à travers le sort de cet homme, sur le sens de la vie, sur la place de l'homme dans la société et la part qu'il désire prendre ou non dans son époque.

Alain fuit complètement tout ce qui pourrait le confronter à ces questions et, telle une lumière qui vacillerait puis s'atténuerait, il s'éteint petit à petit, ne trouvant d'autre issue que celle de la mort. Il glorifie l'ombre car ne supporte pas le soleil. 

Louis Malle fait le lien avec les surréalistes à travers la musique de Satie, omniprésente et même si l'on est allergique, il faut bien recconaître qu'elle colle parfaitement aux déambulations du personnage ainsi qu'à son état d'esprit suicidaire (j'en connais qui se pendraient à écouter plus d'une heure de Satie...)

Un film donc profond qui ne prend pas nécessairement aux tripes sur le coup mais laisse une trace comme celle d'Alain derrière lui.
"Je laisserai sur vous une tâche indélébile".

Note : 4,5/5

 
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 13:25
ruban



Réalisation : Michael Haneke

DistributionBurghart Klaußner, Christian Friedel, Leonie Benesch, Ulrich Tukur, etc...

Durée : 2h24

A la veille de la première guerre mondiale, en Allemagne du Nord, dans une petite bourgade protestante, la vie va être boulversée par d'étranges sévices infligés aux enfants, que personne ne parviendra à élucider, mais qui cache la montée de violences sourdes...

S'il fallait le rappeler,
Le ruban blanc a obtenu une palme d'or assez contestée puisque l'on criait au copinage de la part d'une présidente du jury, Isabelle Huppert, ferme et sans concession, tandis que l'on attendait l'excellent Un prophète (2009), grand prix du jury malgré tout.
Il serait idiot de ne pas reconnaître le mérite du dernier film de Haneke, impressionnant visuellement, mais surtout en tant que leçon de cinéma et porte ouverte à une réflexion allant bien plus loin que
Un prophète (je dois préciser que ma préférence va au film d'Audiard). 
Professeur Haneke peut être, mais quelle leçon !

Il revient ici à sa veine allemande après sa période française et d'excellents films comme
Caché (2005), la pianiste (2001) ou Code Inconnu (2000), si l'on fait l'impasse sur le remake US de Funny Games. On peut comprendre les impératifs financiers qui s'imposaient pour lui ...

Le Ruban Blanc, au premier abord, est radicalement différent de tout ce qui faisait le cinéma d'Haneke : film noir et blanc, d'époque, de longue durée et qui prétend à une dimension plus universelle, abordant un pan d'histoire, quand ses prédécesseurs se concentraient sur le drame souvent tragique d'individus ou de familles isolés (Le septième continent, benny's vidéo, funny games).
Pourtant on y retrouve rapidement les préoccupations et thèmes de prédilections de Haneke : qu'est ce qui engendre la violence, quel est notre regard et notre rapport à cette violence, comment s'insinue la cruauté, et la noirceur dans le coeur des hommes ou d'une société.

Là où l'ambition dépasse les films précédents, c'est qu'Haneke, avec une grande prudence et énormément de subtilité, tente de montrer comment la répression, l'éducation réactionnaire ainsi que la morale asphyxiante et opprimante, peuvent engendrer une génération qui 25 ans plus tard deviendra à son tour tortionnaire...
Mais rien n'est jamais affirmé, et Haneke construit intelligemment son film sur un mystère pour ne jamais le résoudre et insinuer le doute dans nos esprits comme s'insinue la violence chez les hommes dont il nous parle.

Le film pourrait paraître opaque, lent et prétentieux mais c'est tout l'inverse.
D'abord parce que précisemment l'intrigue dans ce village nous tient en haleine jusqu'au bout, et qu'à la fin nous commençons à peine à connaître les protagonistes, comprendre leur psychologie pour finir par s'y attacher.
Ensuite le noir et blanc est somptueux. Chaque plan, maîtrisé au scalpel, est une photographie, un bonheur des yeux.

Tout ceci ne serait rien sans les acteurs incroyables, même si inquiétants, qui lui donnent une profondeur et un réalisme exemplaires.
Le pasteur tout d'abord, figure autoritaire, sévère et sincère que rien ne parvient à ébranler car certain que l'éducation qu'il donne à ses enfants est la seule possible. Pourtant le doute s'immisce et le talent d'acteur permet de laisser passer dans son regard un voile de tristesse qui s'estompt rapidement pour rétablir l'équilibre et ramener la fermeté de l'homme.
Il n'est pas sans rappeler le pasteur, terrifiant celui-là, de
Fanny et Alexandre (1982) de Bergman avec qui on peut rapidement trouver ici une filiation dans les caractères ou même avec Tarkovsky pour l'atmosphère étrange et pesante.

Mais la palme est à décerner aux enfants incroyables, touchants pour certains, froids et perturbants pour d'autres, mais toujours étonnants. Ils donnent, non pas une vie au film qui est tout sauf vivant, mais beaucoup de force et d'authenticité. 
Haneke montre combien le déséquilibre naît d'un manque évident de compassion, d'écoute ou de tendresse pour ces enfants que l'on considère comme des petits adultes et qui s'expriment donc comme tel.
Ce sont eux qui génèrent le malaise et qui sous-tendent ce que seront les bourreaux de demain.

Au final on sort de là vide, sans émotion car le film est volontairement implacable, froid et précis comme la lame du rasoir.
Mais le ruban blanc est beau, simple et jamais abscon. Il laisse forcément des traces...

Note : 4,5/5

 



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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 17:31

barfly


Réalisation : Barbet Schroeder

Distribution : Mickey Rourke, Faye Dunaway

Durée : 1h37

Film inspiré du scénario autobiographique de Charles Bukowski qui raconte sa vie de dépravé, sa difficulté à survivre, son errance dans les bars miteux ainsi que son amour pour une femme encore plus ravagée par la vie. Mickey Rourke joue le rôle du poète, alcoolique, sans attache qui se refuse même à une carrière d'écrivain pour lui préférer le chaos. Il finit par rencontrer Wanda qui ne lui donnera pas plus de dignité, mais plus d'humanité par son amour.

Barfly est un film particulier car s'il ne marque pas sur le coup, il laisse par contre une empreinte bien persistante tant au niveau des personnages que de l'atmosphère de débauche qu'il affiche.

Le début n'est pas particulièrement lent, mais on a du mal à rentrer dans la vie de cet écorché qui passe son temps à boire et à se battre.
Le film a du mal à décoller malgré la rencontre avec Faye Dunaway, magnifique actrice comme toujours.

Mickey Rourke arbore un rôle qui aurait pu lui convenir parfaitement, peut être même également autobiographique en laissant curieusement entrevoir ce qu'il va devenir. Il est assez troublant d'ailleurs qu'il se définisse dans le film comme un catcheur quand on sait que ce rôle permettra son retour dans The Wrestler (2008). Pourtant, étonnamment,  il arrive quand même à surjouer, à prendre constamment une attitude d'ours faussement poète et cabotine plus qu'il n'arrive à coller au personnage. Il ne s'en dégage ni d'ambivalence, ni de profondeur.

Le film n'arrive pas à rendre ce talent crédible. Hormis quelques vers, quelques phrases, la poèsie et la vision de l'écrivain sur sa vie ne sont pas vraiment présentes. Il ne suffit pas d'ajouter l'intrigue d'une éditrice qui découvre le talent de Rourcke, dont elle tombe amoureuse, pour donner de la profondeur au personnage qui nous lasse au final.

Par contre, et c'est certainement le plus passionnant dans le film, la relation qui naît entre les deux naufragés, les deux alcooliques qui illustrent tout leur talent à être ivrognes, permet de combler les carences, les maladresses en rendant ce couple touchant et vivant. L'ambiance des bars, nocturne et dépravée, rajoute beaucoup en réalisme et donne à ce couple improbable la possibilité d'exister.

Finalement rarement n'ont été aussi criantes les carences du cinéma à exprimer la psychologie d'un personnage lorsque l'on constate qu'un livre aurait été nettement supérieur pour raconter cette tranche de vie. 

Ne s'invente pas scénariste qui veut, aussi grand poète soit-il.

Note : 3/5
 
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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 12:29
noces



Titre original : Revolutionnary Road

Réalisation : Sam Mendes

Distribution : Kate Winslet, Leonardo DiCaprio

Durée : 1h59

Dans une banlieue formatée des années 50, aux USA, un couple se retrouve piégé par ses contradictions, ses limites, ses impossibilités à dépasser le quotidien morose qui le ronge.
Ses tentatives de rebellion face à une société figée n'empêcheront pas son déclin percutant...

La promo du film, à sa sortie, a clairement joué sur la reformation à l'écran du couple Winslet/Caprio, 10 ans après Titanic (1997).
Personnellement, n'étant adepte de ce film, je m'en suis tenu à la curiosité de retrouver 2 acteurs ayant pris de l'épaisseur et beaucoup de talent, surtout pour Winslet, confrontés à un rôle plutôt difficile et délicat. 
Il faut bien avouer que le résultat, tant au niveau de la mise en scène que de la prestation du couple titanesque, est à la hauteur du défi.

La bonne idée est de nous plonger dans les méandres de la relation dés le départ. Point d'illusion sur le coup de foudre, Mendes nous confronte d'emblée aux doutes et frustrations de chacun, dans une relation qui s'annonce sans illusions. Winslet, comédienne ratée, se projette sur son couple pour donner du sens à sa vie, tandis que Caprio souhaite s'en extraire et se réaliser professionnellement pour ne pas ressembler à son père.

L'un s'accroche à l'autre, dans ce couple qui sombre petit à petit (titanic ?), impuissant malgré ses sursauts pour échapper à l'hypocrisie et l'apathie d'une société puritaine et conformiste au possible.
Le réalisateur nous dépeint assez subtilement l'angoisse et la détresse des voisins, amis ou collègues, lorsque le couple modèle qu'ils fréquentent, menace de partir au bout du monde et donc de leur projeter pleine face la fadeur de leur existence.
Rien n'est vraiment exprimé en ce sens, mais on le lit clairement dans le regard des brillants acteurs.

Néanmoins on ne peut s'empêcher de retrouver les mêmes problématiques que celles qui habitaient american beauty (1999), l'illusion du couple et l'angoisse de rater sa vie, si ce n'est qu'ici aucune réelle audace dans la réalisation qui apparaît, au contraire, lêchée et lissée, tandis que la modernité traversait le premier film de Mendes.

Ce n'est plus l'image d'un couple qui se cherche mais plutôt celle de celui qui comprend qu'il ne se trouvera jamais. Mendes a la délicatesse de nous dire qu'aucune vérité n'est celle du couple. Tous les chemins mènent à Rome mais rare sont ceux qui trouvent le précieux équilibre.

Au final le film n'est jamais banal, mais n'amène rien non plus de neuf si ce n'est une prestation impeccable qui justifie largement de faire le déplacement.
Caprio continue à prouver qu'il est désormais quelqu'un avec qui l'on doit compter et non plus l'idôle des jeunes minettes et Kate Winslet rayonne d'un bout à l'autre.

Bergman était allé nettement plus loin avec scènes de la vie conjuguale (1973), mais il s'en était donné aussi les moyens ...

Note : 3,5/5
  
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 14:02
boxcar



Réalisateur : Martin Scorcese

Distribution : Barbara Hershey, David Carradine

Durée : 1h32

Pendant la dépression aux USA, alors que la crise frappe de plein fouet et que le chômage devient monnaie courante, Bertha assiste à la mort de son père et décide de mener une vie de vagabondage, prise sous l'aile de Big Bill, un syndicaliste militant et charismatique, qui se laisse pourtant tenter par une vie de criminel ... 

Deuxième long métrage, après Who's That Knocking at My Door (1967), Boxcar Bertha est un film extrêmement intéressant par rapport à ce qu'il nous apprend sur le futur réalisateur et, malgré quelques maladresses ou naïvetés de mise en scène, on sent déjà la patte du maître ainsi que ses thèmes de prédilections : la religion, le sexe, la transgression , etc ...

Ce road movie, qui n'en est pas réellement un, est nerveux, violent et parfois sulfureux.
Le propos politique, décrivant les débuts du syndicalisme, de la lutte dans un climat de chasse aux sorcières des militants considérés comme dangereux bolchéviques, donne du corps à une réalisation impétueuse, tumultueuse, à l'image de son actrice principale Barbara Hershey qui donne une autre forme de corps au propos ...
Elle est à la fois sauvage, dévergondée, et attirante à mourir.
Loin des plastiques parfaites ou lisses des actrices actuelles (Scarlett et autres Pénélopes), elle dégage un érotisme et une grâce troublantes.

David Carradine, même s'il n'a pas spécialement plus de charisme que Kung fu, incarne bien son personnage tiraillé entre son amour pour Bertha qui est celle, finalement, qui le corrompt, et son militantisme qu'il n'arrive plus à sauvegarder.

A l'arrivée, un film court, brouillon mais exaltant qui confirme qu'à ses débuts, lorsqu'il ne cherchait à tout lêcher, Scorcese était  passionnant. 

Notons la fin christique, caricaturale, mais assez osée et en phase avec ce qui suivra dans sa filmographie.

Note : 3,5/5 
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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 13:46






Réalisateur : Jim Sheridan

Distribution : Paddy Considine, Samantha Morton, Sarah Bolger, Emma Bolger, Djimon Hounsou.

L'histoire d'un famille irlandaise qui tente de surmonter la perte d'un enfant et d'envisager une nouvelle vie  à New-York.
Un récit qui revêt un caractère  autobiographique pour Jim Sheridan.

J'ai eu assez peur au début du film, pétri qu'il semble de bonnes intentions et de complaisance autour de ses personnages. On frôle la mièvrerie et le scénario est assez prévisible, le réalisateur choisissant  de dévoiler rapidement l'histoire sans intrigue ou même zone d'ombre : l'ennui laisse poindre le bout de son nez ...
Je m'en veux déjà de m'être laissé avoir par je ne sais plus qui !

Le titre rappelle évidemment America America (1963) de Kazan et je me dis que Jim Sheridan va dresser une satire de la société et du rêve américains, qu'on en est revenu de cette image qui veut qu'aux Etats-Unis tout soit possible et que cette famille risque d'en faire les frais ...

Il est cependant assez décevant de constater que le film ne donne lieu à aucun regard critique, lorsque l'on connait le contexte social actuel dans ce pays pour chaque individu, chaque immigré, et l'on doute des facilités qu'a cette famille pour trouver un logement, malgré ses difficultés apparentes pour s'en sortir.

L'histoire reste donc focalisée sur ses protagonistes sans  dégager un propos plus général.
Jim Sheridan avait d'ailleurs déjà eu des difficultés à élever son film au-delà du simple cas particulier dans The boxer (1997) où, bien que traitant du conflit en Irlande, il en restait finalement autour du mélodrame qui se jouait entre Emily Watson et Daniel-Day Lewis. Je n'avais malgré tout pas boudé mon plaisir.

Alors je garde patience en me disant que c'est un choix et qu'il faut plus envisager In America comme un conte moderne racontant la perte et le deuil que comme un message sur l'intégration sociale (enfin, je ne me dis pas ça pendant le film, mais après coup ...)

Le miracle finit par opérer et je me vois récompensé vers la seconde moitié du film, puique le réalisateur parvient à faire naître une tension dramatique avec l'arrivée d'un nouveau protagoniste et la relation du couple prend du coup un peu d'épaisseur dés lors que l'on sort du récit "carte postale". L'intrigue naissante nous éloigne ainsi du tire-larme menaçant du départ et l'on finit par être vraiment touché par cette famille.

S'il faut donner, certes, une mention spéciale à l'acteur incarnant Mateo, ce voisin inquiétant et chaman sur les bords, le film est littéralement porté, et c'est assez rare pour le signaler, par les 2 petites filles boulversantes de sincérité et de maturité. 
Paddy Considine, que l'on retrouvera dans l'excellent Dead man's shoes (2004) moins consensuel et plus impressionnant, reste impeccable dans le rôle de ce père éteint, ombre de lui-même. Samantha Morton par contre ne témoigne pas d'une palette expressive exceptionnelle ...

En conclusion, disons que In America est un film touchant qui fonctionne parfaitement, malgré ses gros défauts, et que si l'on est un minimum bon public on peut y aller sans complexe.

Note : 3/5





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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 10:28






Réalisateur : Milcho Manchevski.

Distribution : Rade Serbedzija, Katrin Kartlidge, Grégoire Colin,  Labina Mitevska ...


Lion d'Or à Venise en 1994, ce film macédonien conte, en 3 actes, une histoire des balkans : le conflit entre macédoniens orthodoxes et albanais musulmans, à travers celle de plusieurs personnages dont les destins vont se croiser.

Before the Rain est un film pédagogique qui explore, sans être ostentatoire ni spectaculaire, la montée des tensions, ainsi que les dégâts des conflits interethniques, aussi bien sur notre société occidentale que sur un village  perdu en Macédoine, dont rien n'était supposé venir briser la quiétude, mais dont pourtant va émerger la haine entre les hommes : " le sang appelle le sang ".

Le film énonce un propos universel car, s'il ne demande pas de maîtriser l'histoire complexe des balkans, il décrit de façon juste et implacable l'absurdité de la guerre et l'aveuglement des hommes qui y participent.
La douceur et la beauté des images contrastent avec la violence du sujet.
Beauté de ce monastère perdu dans les montagnes où viennent prier des prêtres orthodoxes. Douceur et pureté du jeune prêtre macédonien qui rompt son voeu de silence en prenant sous son aile une jeune albanaise traquée, dont il s'éprend rapidement.
Le réalisateur nous emmène au fil de l'histoire, comme un puzzle,  à reconstituer ces 3 actes pour comprendre le drame qui se joue.

L'histoire d'amour entre Anne, une jeune photographe londonienne et Alex, un macédonien d'âge mur, grand reporter souhaitant retourner sur ses terres car lassé des crimes auxquels il a assisté, et dont parfois il s'est senti complice, constitue l'axe central du film.
Ce couple est interprété par 2 acteurs magnifiques : Katrin Kartlidge que l'on avait croisée dépressive et troublante dans le percutant Naked (1993) de Mike Leigh, ou plus tard dans Breaking the waves (1996) du Lars von Trier ...
Rade Serbedzija, acteur à la présence et au charisme imposants, trop exploité pour sa gueule comme second rôle jouant les pauvres immigrés dans des films tels Eyes wide shut (1999 ) ou Batmans Begins (2005), ou jouant le cruel mafieux de l'Est dans la série 24 ...

Le défaut du film peut être, parfois, de se complaire dans un esthétisme à couper le souffle par de belles images, qui parfois prennent le pas sur la tension dramatique. 
Par ailleurs, s'il était efficace de ne pas suivre un fil narratif linéaire mais de boucler, en quelque sorte, la narration en faisant se rejoindre le début et la fin du film, on se retrouve déstabilisé à cause d'une simple scène, au milieu du film, qui brouille notre compréhension et laisse apparaître une incohérence chronologique certainement non voulue pour peu que l'on soit attentif ...

Mais Before the Rain est un film fort et important.

Note : 3,5/5 






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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 07:44
     





Réalisateur : Tim Roth.

Distribution : Ray Winstone, Tilda Swinton, Lara Belmont, Freddie Cunliffe. 

Premier, et jusqu'à présent, unique film de Tim Roth, The war zone raconte un épisode de vie d'une famille ayant déménagé de la banlieue londonienne vers le milieu rural profond.
Après l'heureux événement de la naissance de sa petite soeur Alice, Tom, livré à lui-même, regrettant ses amis de Londres et amer sur sa nouvelle vie solitaire découvre le lourd secret de famille que dévoile rapidement le réalisateur.

Il n'est pas surprenant que Tim Roth n'ait réalisé aucun film depuis the War Zone, tant celui-ci est chargé en émotions, intensité, et tant son réalisateur semble avoir tout donné pour ce film brut.
C'est un peu le destin de nombre d'acteurs passant derrière la caméra que de tout donner dans un seul opus .
Tim Roth se détourne de tous les clichés en choisissant de ne pas ancrer l'histoire de cette famille dans un contexte social lourd, défavorisé, qui ferait de ses protagonistes des archétypes de ce qui leur arrive.
Au contraire il reste assez flou et neutre quand à leur niveau de vie.
Présentant à la fois une crudité dans leurs rapports dénués de toute pudeur, un ennui pesant lié à cette nouvelle vie et un cadre rural rugueux et peu sexy, il n'en affiche pas moins le bonheur d'une mère qui vient d'accoucher mais qui boit et la présence du père qui aime sa famille, assure à tous points de vue mais viole sa fille .

Son film est donc pétri d'ambiguités et de contradictions, et ne tombe jamais dans le manichéisme pur.
Derrière la crudité des images choquantes on sent au contraire une grande pudeur du réalisateur qui ne juge pas ses personnages mais laisse les faits parler d'eux même.

Le titre est complètement pertinent, car c'est de cela qu'il s'agit: des dégâts collatéraux d'une violence sourde et brute qui fait l'effet d'un uppercut pour le spectateur.

La force du film tient principalement de ses acteurs excellents.
Ray Winstone en père dont rien ne suppose qu'il abusera de sa fille tant il semble attentionné et amoureux de sa femme.
Tilda Swinton qui endosse un rôle assez inhabituel , et qui joue la mère qui ne remarque rien, ne se doute de rien et n'a d'yeux que pour son bébé.

Enfin les deux adolescents, non professionnels, dont c'est ici le premier rôle et qui dégagent une charge émotive étonnante. Relation de frère et soeur assez fusionnelle à la limite incestueuse qui explique en partie la colère d'un frère jaloux jusqu'à commettre l'irréparable ...

Mais celà Tim Roth ne le dit jamais, comme beaucoup de choses qu'il laisse au spectateur la liberté d'imaginer ...

Note : 4/5
 
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