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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 23:23
Nebraska (2013)

Réalisateur : Alexander Payne

Distribution : Bruce Dern, Wil Forte, Stacy Keach, ...

Durée : 115 min

 

Woody est un vieil homme que le temps, l'alcool et l'ennui ont rendu sénile et hermétique. Un beau jour il reçoit une publicité par courrier lui annonçant le gain d'un million de dollar. N'ayant plus le droit de conduire il décide de partir à pied vers le Nebraska réclamer son dû. Devant son entêtement, son fils décide de l'emmener malgré les protestations de sa mère, acariâtre, qui ne supporte plus cet homme et aimerait plutôt le placer en foyer ...


Nebraska fait partie de cette tradition américaine des road movies dont le prétexte d'une histoire, le plus souvent improbable, permet de décrire de magnifiques et immenses paysages désertiques mais aussi le cheminement intérieur de personnages que la vie n'a pas ménagés et qui n'ont plus rien a perdre.
Nebraska n'est d'ailleurs pas sans rappeler the straight story (1999), très beau film de David Lynch, qui racontait le périple d'un vieil homme, souhaitant rejoindre son frère sur une tondeuse à gazon.

Mais si la thématique est devenue presque banale et que le film est ici très classique dans sa narration, sa réalisation demeure à la fois personnelle et intime. 

Intime de part la délicatesse que le réalisateur a de rendre des personnages aigris et frustrés en individus attachants avec des bagages existentiels que l'on devine lourds sans être pour autant sur-exposés.
L'utilisation du noir et blanc semble 
d'ailleurs vouloir accentuer cette pudeur, cette distance, comme pour ne pas forcer leur histoire et respecter leur fragilité.

Réalisation personnelle grâce à un casting fort qui semble avoir précédé le scénario, en tous cas pour le choix de Bruce dern, vieil homme autant vulnérable qu'antipathique, attachant qu'agaçant.
On perçoit et on comprend au cours du récit, les charges de sa famille à son encontre, son absence passée et son alcoolisme dont les conséquences sont claires dans l'éloignement que chacun tend à privilégier à son égard.

Alexander Payne ne juge jamais ses personnages mais ne les excuse pas non plus. S'il peut évoquer subtilement un contexte de misère sociale et humaine dans une Amérique profonde qui ne laisse aux individus d'autre alternative que de gober les mensonges publicitaires, il leur laisse, malgré tout, la responsabilité de leurs choix. Celui de l'alcoolisme pour Woody. Celui de l'indécision pour son fils. Ou encore celui de la résignation pour sa femme.
Il n'est pas indulgent avec une classe prolétaire que n'épargnent ni la méchanceté, ni la mesquinerie, à l'image de Ed Pegram, joué par un terrible Stacy Keach (Mike Hammer), effrayant d'hypocrisie, puisque seuls l'intéressent l'opportunité de profiter de son vieil ami et de grappiller quelques sous en souvenir d'une obscure dette.


L'humour est certainement ce qui permet au réalisateur de rendre ces protagonistes touchants en leur donnant la distance nécessaire vis à vis de leur médiocrité et c'est peut-être ce qui distingue une comédie d'un drame. Distance et dérision.
Un rire subtil, compatissant et contenant surtout une puissante vérité sur l'âme humaine, son ambivalence ainsi que sa capacité au meilleur comme au pire. Et c'est finalement David, le fils de Woody, qui se révèle le plus dans ses contradictions et qui fait le plus beau chemin dans ce road movie, accompagnant un père dont il n'a jamais rien reçu et dont il n'attend plus rien non plus.
Abnégation du fils qui devient homme en protégeant et guidant un vieillard dans ses lubies et dont il ne reçevra aucune reconnaissance mais qu'il accepte comme image paternelle.

C'est ce cheminement inattendu qui m'a le plus touché et fait de Nebraska le film émouvant qu'il faut voir.

Note : 4/5

 

 

Woody est un vieil homme que le temps, l'alcool et l'ennui ont rendu hermétique au monde et senil un peu plus chaque jour. Il reçoit pourtant une publicité par courrier lui annonçant le gain d'un million de dollar. N'ayant plus le droit de conduire il décide de partir à pied réclamer son dû vers le Nebraska. Devant son entêtement, son fils décide de l'emmener malgré les protestations de sa mère, acariâtre, qui ne supporte plus cet homme et aimerait plutôt le placer en foyer ...


Nebraska fait partie de cette tradition américaine des ronds movies à laquelle le prétexte d'une historiée, le plus souvent improbable, permet de décrire à la fois les magnifiques et immenses paysages désertiques Mais aussi le cheminement Intérieur de personnages que La vie n'a pas ménages et qui n'ont plus rien a perdre. Nebraska n'est d'ailleurs pas sans rappeler the straight story, très beau film de David Lynch, qui racontait l'histoire d'un vieil homme souhaitant rejoindre son frère à travers un périple sur tondeuse à gazon.
Mais si la thématique est presque devenue banale et que le film est ici très classique dans sa narration, sa réalisation demeure personnelle et intime. 
Intime de part la délicatesse d Alexander payne a faire de personnages aigris et frustrés, des êtres humains attachants avec leurs bagages existentiels que l'on devine lourds mais à peine effleurés. L'utilisation du noir et blanc semble vouloir accentuer cette pudeur, cette distance, comme pour ne pas forcer leur histoire et respecter leur fragilité.
Réalisation personnelle grâce à un casting fort qui semble avoir précédé le scénario , en tous cas pour le choix de Bruce dern, vieil homme autant vulnérable quantipathique , attachant qu agaçant. On perçoit et on comprend progressivement, au cours du récit, les charges de sa famille à son encontre, son absence passée et son alcoolisme a peine évoquées mais dont les conséquences sont claires dans l'éloignement que chacun tend à privilégier à son égard. Alexander payne ne juge jamais ses personnages mais ne les excuse pas non plus. S'il peut évoquer subtilement un contexte de misère sociale et humaines dans l'Amérique profonde, qui ne laisse aux individus d'autre alternative que de gober les mensonges publicitaires, il leur laisse malgré tout la responsabilité de leurs choix. Celui de l'alcoolisme pour Woody. Celui de l'indécision pour son fils. Ou encore celui de la résignation pour sa femme.
Il n'est pas indulgent avec une classe prolétaire que n'épargne ni la méchanceté, ni la mesquinerie à l'image de Ed,joué par, effrayant d'hypocrisie,puisque seul l'intéresse l'opportunité de profiter de son vieil ami et grappiller quelques sous en souvenir d'une obscure dette.
L'humour est certainement ce qui permet à Alexander payne de rendre ces personnages attachants en leur donnant la distance nécessaire vis à vis de leur médiocrité. C'est peut être ce qui distingue cette comédie d'un drame. Distance et dérision. Un rire subtil, compatissant et contenant surtout une puissante vérité sur l'âme humainé son ambivalence et sa capacité au meilleur comme au pire. Et c'est certainement le fils de Woody qui se révèle le plus dans ses contractiociottns et qui fait le plus beau chemin dans ce Road movie, accompagnant un père dont il n'a jamais rien reçu et dont il n'attend plus rien non plus . abnégation du fils qui devient homme en protégeant et guidant un vieillard dans ses lubies et dont il ne reçevra aucune reconnaissance.
C'est ce cheminement inattendu qui m'a le plus touché et fait de Nebraska le film drôle, tendre et touchant qu'il faut voir.

Woody est un vieil homme que le temps, l'alcool et l'ennui ont rendu hermétique au monde et senil un peu plus chaque jour. Il reçoit pourtant une publicité par courrier lui annonçant le gain d'un million de dollar. N'ayant plus le droit de conduire il décide de partir à pied réclamer son dû vers le Nebraska. Devant son entêtement, son fils décide de l'emmener malgré les protestations de sa mère, acariâtre, qui ne supporte plus cet homme et aimerait plutôt le placer en foyer ...


Nebraska fait partie de cette tradition américaine des ronds movies à laquelle le prétexte d'une historiée, le plus souvent improbable, permet de décrire à la fois les magnifiques et immenses paysages désertiques Mais aussi le cheminement Intérieur de personnages que La vie n'a pas ménages et qui n'ont plus rien a perdre. Nebraska n'est d'ailleurs pas sans rappeler the straight story, très beau film de David Lynch, qui racontait l'histoire d'un vieil homme souhaitant rejoindre son frère à travers un périple sur tondeuse à gazon.
Mais si la thématique est presque devenue banale et que le film est ici très classique dans sa narration, sa réalisation demeure personnelle et intime. 
Intime de part la délicatesse d Alexander payne a faire de personnages aigris et frustrés, des êtres humains attachants avec leurs bagages existentiels que l'on devine lourds mais à peine effleurés. L'utilisation du noir et blanc semble vouloir accentuer cette pudeur, cette distance, comme pour ne pas forcer leur histoire et respecter leur fragilité.
Réalisation personnelle grâce à un casting fort qui semble avoir précédé le scénario , en tous cas pour le choix de Bruce dern, vieil homme autant vulnérable quantipathique , attachant qu agaçant. On perçoit et on comprend progressivement, au cours du récit, les charges de sa famille à son encontre, son absence passée et son alcoolisme a peine évoquées mais dont les conséquences sont claires dans l'éloignement que chacun tend à privilégier à son égard. Alexander payne ne juge jamais ses personnages mais ne les excuse pas non plus. S'il peut évoquer subtilement un contexte de misère sociale et humaines dans l'Amérique profonde, qui ne laisse aux individus d'autre alternative que de gober les mensonges publicitaires, il leur laisse malgré tout la responsabilité de leurs choix. Celui de l'alcoolisme pour Woody. Celui de l'indécision pour son fils. Ou encore celui de la résignation pour sa femme.
Il n'est pas indulgent avec une classe prolétaire que n'épargne ni la méchanceté, ni la mesquinerie à l'image de Ed,joué par, effrayant d'hypocrisie,puisque seul l'intéresse l'opportunité de profiter de son vieil ami et grappiller quelques sous en souvenir d'une obscure dette.
L'humour est certainement ce qui permet à Alexander payne de rendre ces personnages attachants en leur donnant la distance nécessaire vis à vis de leur médiocrité. C'est peut être ce qui distingue cette comédie d'un drame. Distance et dérision. Un rire subtil, compatissant et contenant surtout une puissante vérité sur l'âme humainé son ambivalence et sa capacité au meilleur comme au pire. Et c'est certainement le fils de Woody qui se révèle le plus dans ses contractiociottns et qui fait le plus beau chemin dans ce Road movie, accompagnant un père dont il n'a jamais rien reçu et dont il n'attend plus rien non plus . abnégation du fils qui devient homme en protégeant et guidant un vieillard dans ses lubies et dont il ne reçevra aucune reconnaissance.
C'est ce cheminement inattendu qui m'a le plus touché et fait de Nebraska le film drôle, tendre et touchant qu'il faut voir.

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 10:09

lesnuytis

 

 

Réalisateur : Eric Rohmer

Distribution : Pascale Ogier, Tcheky Karyo, Fabrice Lucchini

Durée : 1h40

Louise veut renforcer son couple en ménageant son autonomie, et sa liberté, une nuit par semaine dans son pied à terre parisien. Mais elle va se laisser piéger par son propre jeu car Remi, son compagnon, ne l'entend pas de cette façon.

J'ai toujours une certaine appréhension avec les films de Rohmer, car ils peuvent être magnifiques et irrésistibles comme Ma nuit chez Maud (1969), ou alors empesés voire ennuyeux. 

Rohmer nous parle ici, une fois de plus, de la relation au sein d'un couple, mais aussi du jeu amoureux, de la séduction et finalement de la comédie que nous jouons tous. Il arrive finement à décrire la figuration sociale qui est celle de chacun ainsi que notre posséssivité et dépendance par rapport à l'autre. 

Au premier abord si le scénario semble secondaire par rapport au jeu des acteurs, il n'en est rien car Rohmer cisèle parfaitement la ligne directrice du film ainsi que les dialogues, principaux atouts du cinéaste à mon avis. Il parvient subtilement à tisser le canevas de son histoire pour nous parler de choses fondamentales derrière une illusion de grande légèreté qui voit les personnages papillonner dans leur vie bien bourgeoise et parfois futile.

Rohmer c'est évidemment du cinéma très littéraire, la musique des mots avant tout, sans pourtant négliger la forme, les lumières ou le décor ici aménagé par l'actrice principale elle même.

Les acteurs sont merveilleux. Pascale Ogier, fille de bulle Ogier, décède malheureusement peu de temps après. Elle dégage une vraie grâce, et nous envoute avec son regard de biche innocente. sa présence, toute en légèreté, nous accompagne et nous touche réellement tant elle semble naturelle et spontanée. Face à elle un Lucchini beaucoup plus capricieux, irrésistible peut être, mais toujours un peu précieux et parisien. Pour autant c'est l'acteur que nous aimons et qui n'a jamais cessé de nous fasciner malgrè ses excès. Enfin Tcheky Karyo, acteur discret, mais au charisme brut convient parfaitement pour donner la réplique à ses partenaires.

Le film fonctionne et s'il ne nous prend jamais aux tripes ni ne boulverse, il ne manque pas de faire écho par le regard qu'il porte sur les âmes humaines, les liens qui nous font exister, ainsi que la représentation à laquelle on doit se soumettre comme cette magnifique scène de fête bourgeoise qui rappelle délicieusement les années 80, dans toute leur fraîcheur ou candeur.

On ne s'ennuie jamais, et on se laisse volontiers aller au jeu de l'amour et des blessures qu'il ne manque jamais d'infliger au passage

"qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd sa raison"

Note : 3,5/5



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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 12:42

invités

 

 

Réalisateur : Anne Le Ny

Distribution : Michel Aumont, Fabrice Luchini, Karin Viard

Durée : 1h40

Lucien, après une carrière comme médecin de gauche humaniste à la notoriété irréprochable, décide de prendre sous son aile une famille de sans-papier, comme ultime geste de générosité, mais ne sait pas qu'il va accueillir une moldave dont il va tomber amoureux.

L'attitude de ce vieil homme, qui soudainement ne pense qu'à lui, va déstabiliser ses enfants, bouleversant l'image qu'ils avaient de leur père, et faire remonter les vieilles rancunes ou amertumes.

Les invités de mon père est le second film d'Anne Le Ny, après Ceux qui restent (2007), et révèle un talent d'auteur et de réalisation pour cette actrice, pas spécialement remarquable, mais qui reprend brillamment le flambeau de la comédie française en lui donnant la profondeur nécessaire pour dépasser le simple divertissement, et proposer une satyre subtile des relations humaines et familiales.

Le film démarre sur le ton de la comédie décapante avec des comédiens surdoués qui dépeignent remarquablement le conformisme à la fois bobo et gauchiste, mais aussi l'hypocrisie et les limites d'une famille bourgeoise dont on sent que l'image du père a lourdement pesé sur les enfants.

L'un est devenu un avocat nouveau riche, et fier de l'être, cherchant à se soustraire de la morale bien pensante avec laquelle il s'est confronté toute son enfance, et l'autre, sa soeur, est devenue médecin humanitaire pour marcher sur les traces de son père à qui elle souhaite plaire désespérément.

Fabrice Luchini et Karin Viard sont donc ainsi remarquables qu'ils arrivent à dégager toute une palette de sentiments et d'émotions compliquées ou contradictoires avec le naturel qui sied à la subtilité de tels rôles.

Lorsque Tatiana débarque et que Lucien annonce leur mariage blanc, destiné à éviter l'expulsion à la moldave, Anne Le Ny aborde avec finesse les difficultés, pour des enfants, à envisager quelque changement que ce soit dans le vie de leur père, dont ils souhaitent conserver l'image et la vie intacte dans un bocal, pour ne pas ébranler leurs propres certitudes ou remettre en question leurs choix.

Elle le fait sans imposer de morale ou de jugements sur ses personnages, donnant d'ailleurs à l'avocat de droite plus de lucidité et de fragilité lorsque l'image du père parfait se fissure et qu'il en perçoit ainsi  les failles. Sa soeur par contre tombe dans le cliché de la femme qui cherche à s'émanciper du chemin qu'elle pensait valable, et de pouvoir le faire en multipliant les aventures, mais ne fait que renforcer la détresse dans laquelle elle finit par tomber. 

En filigrane le film aborde une tapée de thèmes et notamment celle des sans-papier et des extrémités auxquelles doit se soumettre Tatiana lorsque Lucien réclame d'elle plus qu'un mariage blanc, son image de sainteté en prenant au passage un sérieux coup. Jamais le film ne prête donc à porter de jugement puisqu'il éclaire à chaque fois chaque scène suffisamment pour que l'on puisse s'en préserver. Et même si Welcomeprécédemment évoqué, va nettement plus loin car jouant sur un autre registre, Anne le Ny témoigne de la conscience qui habite certains réalisateurs français autrement intéressés que par le bling bling ambiant.

Si Luchini est étonnant de sobriété et se révèle acteur de grande finesse, que Karin Viard prouve une fois de plus qu'elle a le charme et la talent de plus en plus remarquables, la palme, à mon sens, revient à Michel Aumont, extraordinaire acteur discret, campant les éternels seconds rôles, mais dont le métier d'homme de théâtre et la physionomie bonhomme donnent une épaisseur et une présence irrésistibles au personnage de Lucien.

Un film qui, au final, laisse un goût tenace en bouche et qui, débarassé de toute prétention ou d'arrogance, se pose comme le meilleur du cinéma français.

Note : 4/5




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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 16:28
milou



Réalisateur : Louis Malle

Distribution : Michel Piccoli, Miou-Miou, Dominique Blanc, Michel Duchaussoy, etc...

Durée : 1h47 

Milou est un soixantenaire qui habite toujours avec sa mère, laquelle décède.
Toute la famille se réunit; certains pour évoquer le passé, d'autres pour convoiter les biens à partager...

C'est vrai que Piccoli, énorme comme toujours, est ici différent de son rôle habituel d'homme indépendant, froid et tourmenté. C'est vrai que Miou-Miou joue parfaitement la manipulatrice, égocentrique et vénale. C'est vrai qu'il y a un parfum de liberté dans cette évocation des évênements de 68.

Pourtant difficile de rentrer dans ce film, de percevoir, dans cette réunion bourgeoise d'individus qui se laissent porter par la fièvre soixanthuitarde, un naturel convaincant ou même d'y trouver un quelconque intérêt.

Piccoli est touchant, fragile et porte le film à lui seul.
Dominique Blanc, superbe actrice, brille, comme souvent, par sa discrétion, la subtilité de sa présence et son corps dévoilé dans une scène qui se veut choquante mais tombe à l'eau.

On finit par se lasser, par s'agacer de l'humour potache de Bruno Carette et de regretter les situations similaires de réunions évoquées par un Despleschain ou les films de Sautet avec Piccoli au sommet.

Un petit film donc de Louis Malle dont nous évoquions récemment le merveilleux Feu Follet.

Note : 2,5/5
 
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 07:31

betty


Réalisateur : Claude Miller

Distribution : Sandrine Kiberlain, Nicole Garcia, Mathilde Seignier, Edouard Baer.

Durée : 1h43

Un film choral. Les destins de plusieurs femmes vont se croiser après la tragique disparition de l'enfant de Betty, écrivain à succès. Sa folle de mère débarque dans sa vie et va vite trouver un stratagème pour remplacer cette perte.

Betty Fisher est un film sur les femmes. Dans ce puzzle c'est avant tout à une mosaïque de caractères féminins qu'on à affaire, avec tout ce que cela comporte de folie, méchanceté, tendresse, humour, etc...
L'histoire n'est pas extraordinaire, mais la forme, que maîtrisait un Altman dans Short Cuts (1993), lui donne ici tout son relief car subtilement maîtrisée, même si le début est un peu difficile et poussif.

Il fallait donc au réalisateur pouvoir s'entourer d'actrices dignes du sujet.
Sandrine Kiberlain, figure principale du film, m'a toujours laissé perplexe. A la fois triste et inexpressive en apparence, elle n'en finit pas moins par être convaincante et certainement attachante. Gageons qu'il s'agit certainement d'une belle personne plus que d'une bonne actrice, mais elle éveille fatalement notre empathie (lorsqu'elle ne chante pas...)
Nicole Garcia, par contre, incarne la mère névrosée de Betty avec une épaisseur et une présence qui peuvent nous rappeler Gena Rowlands dans le magnifique Une femme sous influence (1974). Elle est agaçante, bavarde et sournoise. On déteste rapidement l'égocentrisme et l'indifférence de cette femme, pourtant, clairement fragile. 
Enfin Mathilde Seignier n'est pas forcément plus passionnante que sur les plateaux TV, mais elle colle relativement bien au rôle de la salope qui n'a aucun amour propre ni aucun avenir.

Le film concilie habilement le drame, la comédie grinçante et finalement l'enquête policière. Le tout avec une certaine distance, une dérision qui lui donnent ce ton particulier qui finit par nous prendre lorsque la mécanique se met en place et que le rythme s'accélère.
La présence d'Edouard Baer, pauvre gigolo paumé et incapable de comprendre ce qui lui arrive, ajoute beaucoup à la légèreté et au cynisme.

Le scénario, comme toujours avec Claude Miller, est brillant et finement écrit. Il sauve ce qui aurait pu être une catastrophe, un film lourd sans élan. Ainsi les situations et malentendus plus improbables les uns que les autres, se succèdent pour notre plus grand plaisir tandis que Kiberlain survole le tout avec une certaine grâce et son regard de biche perdue.

Sans être un chef-d'oeuvre, cette comédie dramatique est ce que le cinéma français peut nous offrir de mieux lorsqu'il est inspiré.

Note : 3,5/5
 
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 14:14

mariage


Réalisation : Dover Koshashvili

Distribution : Ronit Elkabetz, Lior Ashkenazi, Moni Moshonov

Durée : 1h40

Zaza est un garçon trentenaire toujours pas marié. Sa famille entière se mobilise pour lui trouver une femme selon la tradition, bien que ce dernier y soit réticent et qu'il aime en cachette une femme mûre et divorcée avec qui il souhaiterait vivre.
Mais la famille ne l'entend pas ainsi ...

Le cinéma israelien est certainement l'un des plus féconds, intéressants et pertinents par le regard qu'il porte sur son quotidien. Les traditions juives, ainsi que le mode de vie d'une société en perdition, sont souvent passés à la moulinette.
L'amertume et le cynisme amènent les réalisateurs à proposer des comédies dramatiques d'une grande subtilité pour notre plus grand plaisir.
Alors que notre cinéma français exsangue continue à se fourvoyer dans des comédies ineptes et sans intérêt, les réalisateurs israeliens poursuivent leur travail d'introspection, souvent focalisé sur la famille, parfois répétitif, mais toujours avec un regard neuf.

Parfois, plus drastique, il peut également aborder  le traumatisme de la religion comme l'a fait Gitai avec Kadosh (1999) qui nous parle de la place de la femme ainsi que les discriminations qu'elles subissent, ou plus récemment  les tabous de la société Tu n'aimeras point (2009)

L'occupation et le drame du sort des palestiniens devient également pour beaucoup d'entre eux une priorité comme The Bubble (2006) qui dénonce ainsi l'aveuglement notamment à Tel-Aviv, bulle protégée.

Comme dans Avanim (2004), mariage tardif critique la morale conservatrice ainsi que l'épée suspendue au-dessus de la tête de femmes divorcées ou qui menacent de quitter le foyer conjugal pour s'émanciper ou tenter de la faire.

Mais l'humour est ici une force, une arme aussi efficace que les dénonciations dévastatrices de certains des films évoqués précedemment.
Le ton aigre doux convient parfaitement à ce que peuvent vivre les jeunes hommes et femmes qui espèrent embrasser une vie moderne et libérée dans une société encore fortement réactionnaire.

Tout est dit avec douceur, tendresse, mais la dure réalité des mariages forcés n'est jamais épargnée et encore moins celle de la femme divorcée qui souhaite aimer à nouveau.
Les personnages sont magnifiquement interprétés, notamment l'acteur principal qui affiche à la fois son amour pour sa mère, son lien familial très fort et sa douleur de n'être jamais soutenu et compris, avec beaucoup de justesse et de subtilité.
Le ton est tellement juste qu'on en arrive à détester ce bloc familial hermétique et se prendre de grande compassion pour les personnages laissés sur le carreau.
On retrouve l'excellent Moni Moshonov qui jouait le père juif dans les films du grand James Gray : We own the night (2007), Two lovers (2008).

Le contraste entre des scènes comiques, souvent absurdes, comme la rencontre entre Zaza et la jeune fille que l'on veut lui imposer, et celles plus dures comme la violence avec laquelle le père souhaite écarter cette femme indésirable, fonctionne à merveille d'un bout à l'autre.

J'aimerais ici m'arrêter pour parler de Ronit Elkabetz pour moi une des plus belles et talentueuses actrices du cinéma, israélien certainement, mais en général également.
Sa présence, son charisme, sa beauté sont indissociables. Elle donne à ses personnages une épaisseur incroyable, mais également une certaine masculinité conjuguée toujours à une grande amertume de part ses rôles.
Elle se montre ici dans toute sa nudité et son intimité dans des scènes naturelles et d'une belle pudeur exaltante.
Notons également son talent de réalisatrice : Prendre femme (2004) ou Shiva (2008).
Sa présence dans le film justifie à elle seule la nécessité de le découvrir ...

La conclusion du film est magnifique car, sans dévoiler le studt, elle laisse au spectateur le soin de choisir entre espoir et amertume. Pas de coup d'éclat à la Festen, mais plutôt un ton ambivalent qui nous permet de mesurer toute la force du propos.
La prestation de Lior Ashkenazi est formidable et l'on comprend que rien n'est blanc, noir, ou complètement condamnable ...

Note : 4/5

 
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 11:41







Réalisatrice :Agnès Jaoui.

Distribution : Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui, Anne Alvaro, Alain Chabat, Gérard Lanvin.

Satire sociale de son époque, Le goût des autres est le premier film de Jaoui en tant que réalisatrice et la suite d'une longue collaboration, en tant que scénariste, avec son compagnon Jean-Pierre Bacri.

L'histoire est celle d'un riche industriel, à la morne existence, qui va être touché par la grâce en tombant amoureux d'une actrice guindée  qu'il n'était censé rencontrer.

Le film est souvent présenté comme une comédie mais si l'on rit, c'est avant tout par empathie pour des personnages touchants, fragiles, et parce que les situations ou dialogues font étonnamment écho à notre propre expérience, existence.
Si le couple Jaoui/Bacri a toujours excellé dans le scénario, Agnès Jaoui touche ici de près à l'intime de ses personnages, avec finesse, subtilité, compassion et fait jaillir l'émotion sans que celle-ci ne soit ostentatoire ou prévisible.

Si la critique est parfois virulente, et elle a lieu de l'être, Jaoui ne fait la morale ni ne juge jamais. Elle estime qu'il faut aimer les gens et que cette diversité est source de richesses.
Ceci ne l'empêche pourtant pas de dénoncer l'hypocrisie d'un cercle d'artistes parisiens, qui prônent l'ouverture mais méprisent ceux qui ne parlent le même langage, ne se regardent  le nombril ou n'adoptent pas les codes en vigueur d'un milieu bobo-intellectuel.

Elle tirera certes souvent sur la même ficelle par la suite avec Comme une image (2004) ou Parlez-moi de la pluie (2008), mais toujours avec autant de justesse et de finesse dans son regard sociologique, jamais pompeux ou prétentieux.

Les dialogues sont aux petits oignons, délicieux, drôles et les acteurs formidables.

Jean-Pierre Bacri, qui fait pourtant du "Bacri", est ici merveilleux dans le rôle du pauvre bougre qui ne comprend rien et ne brille pas par ses réflexions un peu lourdes ou grossières.
Pourtant c'est le personnage le plus touchant car celui qui se remet en question et évolue le plus au cours du film. Si Le goût des autres montre que n'importe qui peut venir là où l'on ne l'attend pas, le message n'est jamais lourd comme il peut l'être dans une comédie américaine à la morale pesante.

Gérard Lanvin est parfait dans le rôle de l'ancien flic un peu réac et trop coincé dans ses principes pour envisager une relation sérieuse avec Agnès Jaoui qui joue, une fois de plus délicieusement, la grande copine, un peu masculine, qui recherche le grand amour (un air de famille). Enfin Alain Chabat est étonnant en grand enfant un peu naïf qui développe, finalement par la force des choses, une certaine sagesse sur la société qui l'entoure.

La scène finale où ce dernier entame une longue intro que l'on pense être une improvisation méditative, mais qui débouche finalement sur l'air de non, je ne regrette rien à la fanfare, est à l'image du film : c'est à hurler de rire, mais l'on pleure d'émotion plus qu'on ne rit.

Note : 5/5

 
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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 10:32





Réalisateur : Ken Loach.

Distribution : Steve Evets, Eric Cantona, Stéphanie Bishop. 

On aurait pu craindre le pire à l'annonce d'une comédie chez Ken Loach, tant ce dernier nous a remué, bousculé, boulversé, avec un cinéma mettant toujours en scène une réalité de la misère sociale en Angleterre, de la paupérisation toujours croissante des travailleurs, des immigrés cherchant à nourrir leur famille dans it's a free world (2007), des drames familiaux dans Kes (1970), film magnifié par l'amitié entre un enfant et un faucon, dans family life (1971) où une adolescente refusant de se soumettre à l'autorité sourde familiale subit de plein fouet les balbutiements d'un système psychiatrique ...

Mais Ken Loach reste ici , plus que jamais, un cinéaste résolument engagé puisque sa comédie prend forme sur un contexte social lourd. Il donne simplement un ton différent à son film en choisissant l'angle plus léger de la comédie, où le rire maintient le même degré d'intensité émotionnel que ses films précédents pour en dire finalement peut-être toujours plus sur une société  inégalitaire.

L'histoire est celle d'un homme, postier, qui traverse une profonde crise existentielle marquée par le fait d'avoir rompu, très jeune, avec la femme de sa vie et mère de son enfant.
L'audace de Ken Loach est de révéler au personnage la présence d'un ange gardien en la personne d'Eric Cantona, idole absolue en Angleterre, qui va l'aider à affronter sa vie.

La grande qualité du film est de s'adresser à tout public en abordant pourtant l'univers, parfois sectaire, du foot. Les amateurs auront la joie de revoir les buts magnifiques d'un immense joueur, racontés par ce dernier lui-même. Pour une fois on nous propose autre chose que le cliché du supporter idiot, brutal qui boit des bières et ne cherche qu'à en découdre à la sortie du match ( on pense par exemple à hooligans (2005)  qui cultive cette image en présentant les bagarres comme sport national ).

Ici les inconditionnels de leur équipe sont passionnés, mais surtout tendres, drôles et solidaires. C'est d'ailleurs sur ce dernier point que Ken Loach souhaite appuyer : solidarité au travail (presque improbable aujourd'hui), solidarité du sport, solidarité des supporters et plus généralement celle des hommes qui aideront leur ami à faire face au caïd local.
La comédie tient plus à la gouaille et aux répliques parfois désopilantes des amis de notre postier, ainsi bien sûr qu'à la présence de Cantona, qu'au ton général du film qui reste proche du Ken Loach habituel.

Cantona est formidable, seulement parce qu'il surjoue son propre rôle, qu'il se tourne en auto-dérision avec ses sentences, parfois si lourdes que l'on en redemande.
C'est aussi un homme qui en revenant sur sa brillante carrière révèle au spectateur, qui ne le soupçonnait pas, la grande fragilité que cache son charisme populaire.

Alors au final, on se dit que sur le papier c'était une réelle bonne idée et qu'à l'écran c'est encore mieux !

Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer "
E.Cantona

Note : 4/5 
 
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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 15:15





Réalisatrice : Christine Jeffs.

Distribution : Amy Adams, Emily Blunt, Alan Arkin ...

Sunshine Cleaning, est un mélange entre l'excellent et désormais célèbre Little Miss Sunshine (2006), les producteurs étant d'ailleurs  ici à nouveau de la partie, et la formidable série six feet under.
Il est l'archétype de ce que le cinéma indépendant américain peut faire de mieux. 

L'histoire est celle d'une petite famille qui peine à joindre les 2 bouts et surtout à s'adapter à leur quotidien.
Les principales protagonistes sont 2 soeurs interprétées par Amy Adams, excellente actrice que l'on voit de plus en plus ( Doubt (2008) ou  Julie and Julia (2009) et Emily Blunt tout aussi épatante.
Ces 2 jeunes femmes pourtant belles et intelligentes n'arrivent pas à faire décoller leur vie et pour s'en sortir décident de monter une entreprise spécialisée dans le nettoyage des scènes de crimes ...

La filiation avec 6 feet under apparait rapidement dans le choix de traiter de la mort et du deuil avec cette petite touche morbide, délicieuse mais peut être pas assez appuyée à mon goût dans ce film.
Pour autant celui-ci ne tombe jamais dans la facilité ou la mièvrerie et arrive à toucher juste en nous attachant progressivement à ces 2 femmes pour qui l'on éprouve réellement de la compassion qu'à la fin, lorsque l'on comprend que le deuil lié à la mort de leur mère les enchaine au passé... 
 
Comme dans Little miss sunshine, l'humour du film est subtil, morbide et triste à la fois. 
La réalisatrice nous présente ici des personnages mal fichus qui n'arrivent à s'adapter à la société mais gardent un regard lucide sur eux-même, teinté d'auto-dérision, et sur la société en général.
Ainsi le père interprété par l'excellent Alan Arkin , qui jouait déjà dans Little Miss, est obsédé par ses petites combines pour enfin toucher le gros lot. Winston, qui vend les produits de nettoyage, est un manchot qui passe ses journées à construire ses maquettes.

Jamais nous ne prenons ces personnages pour des ratés mais bien pour des personnes qui ont fait le choix de prendre du recul tout en restant généreux et drôles à la fois.
C'est un peu le coeur du film de Christine Jeffs, ainsi que ceux de cette lignée, que de poser un regard critique sur une société qui ne sait plus trop ce qui la fait avancer et qui laisse en marge nombre d'individus qui ont pourtant quelque chose à dire.

La qualité du film est de ne jamais trop appuyer le trait et de rester ce qu'il est censé être : une comédie grinçante et tendre à la fois.

Note : 3,5/5
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