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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 12:55







Réalisateur : Richard Fleischer

Distribution : Tony Curtis, Henri Fonda.

L'histoire d'un sérial-Killer qui étrangla 13 femmes en 1962 et sema la panique à Boston. L'homme schizophrène ne reconnaîtra pas ses meurtres qu'on n'arrivera jamais à prouver. Il sera d'abord interné puis, après des aveux en échange de la perpétuité, incarcéré pour finir assassiné en 1973.

The Boston Strangler est un film singulier qui affiche une réelle innovation au niveau de la forme et dans la façon de traiter un polar tournant ici rapidement en drame psychologique.
On pourrait presque considérer la trame narrative comme expérimentale puisque c'est la première fois que l'on utilise le split screen (scinder l'écran en plusieurs parties) au cinéma, qui plus est de façon tout à fait adaptée, alors que ce procédé sera employé par la suite de façon parfois abusive et artificielle.

Le film est clairement divisé en 2 parties.
La première heure enchaîne les crimes, et fait place à l'enquête prise en main par un Henri Fonda en juriste guindé et inexpressif (n'importe qui à sa place, à mon sens, aurait fait l'affaire). La mise en scène est dramatique et assez passionnante par l'emploi de ce split screen qui traduit bien l'atmosphère de paranoïa ambiante, mettant en parallèle tous ces gens pensant échapper à l'assassin en s'enfermant chez eux.

Le film montre également, assez subtilement, la montée des préjugés, chacun soupçonnant son voisin, dés lors que ce dernier affiche un mode de vie ou des moeurs différents : évocation de l'homosexualité considérée par ces gens comme une perversion, ce qui peut paraître audacieux pour l'époque, et une vision de l'Amérique assez intéressante par rapport à ce qu'elle laisse présager pour la suite.

L'autre trouvaille du film contribuant au suspens de cette enquête, est de ne faire apparaître l'assassin Tony Curtis qu'au bout d'une heure, soit à la moitié du film, moment où le propos bascule dans une introspection psychologique du détraqué, rapidement intercepté dés lors qu'il surgit.

Le rythme devient alors particulier, d'une grande sobriété et assez lent, voire hypnotique à la toute fin.

Toutefois, si cette tentative d'introduire la psychologie d'un sérial-killer est intéressante, le fait qu'Henry Fonda prenne la casquette du psychanalyste n'est pas très efficace ni très crédible.
Ses entretiens avec le tueur qui refoule ses actes, sont peu convaincants et quelque peu simplistes. 
 
Ce qui sauve cette chute de rythme est l'énorme performance de Tony Curtis, que l'on savait déjà immense acteur, mais qui est ici méconnaissable, grâce au maquillage, et donne une épaisseur incroyable, tout en subtilité, à son personnage inquiétant et mystérieux.
On sent dans son jeu le plaisir et la douleur que prend un homme traqué à étrangler ses proies.
Peu d'acteurs auraient interprété ce rôle avec autant de fragilité et de beauté tout en restant effrayants. 

Un film étonnant qui vaut donc le détour, malgré ses défauts, justement parce qu'il déstabilise et qu'il reste résolument différent d'autres films, même plus palpitants, traitant de sujets similaires.

Note : 3,5/5

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commentaires

Vlad 15/11/2009 23:43


Salut,

J'ai vu ce film en salles il y a pas longtemps sur Paris et j'avais bien aimé. Je trouve juste dommage que le film possède quelques lenteurs qui font qu'on a un peu l'impression que c'est long à se
lancer. Niveau mise en scène, c'est vachement bien fichu en tout cas je trouve.


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