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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 08:23

prendre 

 

 

Réalisateur : Ronit et Schlomi Elkabetz 

Distribution : Ronit Elkabetz, Simon Abkarian 

Durée : 1h37 

Dans les années 70, à Haïfa, Vivianne se noie dans l'impasse de son quotidien, face à un mari amorphe, un amant qui débarque et surtout la société israëlienne avec son archaïsme et ses traditions asphyxiantes. 

L'histoire du film est directement issue des souvenirs d'enfance de Ronit Elkabetz, et de son frère Schlomi, qui décide non pas de dénoncer mais juste de proposer une photographie d'une famille sinistrée dans une société réactionnaire incapable d'évoluer. Schlomo prend la caméra et Ronit le rôle de leur mère. 

On a déjà eu l'occasion d'évoquer le féminisme courageux, de Ronit Elkabetz, pour ce qu'il apporte de vital dans une société liberticide, dans le précédent film excellent Mariage Tardif, et de dire combien cette femme, en plus d'être sublime, est certainement l'une des meilleures actrices actuelles. 

Prendre femme, est une nouvelle variation sur ce thème.

Mais à chaque fois Ronit Elkabetz renouvelle le propos et propose un angle différent afin d'éviter redondance ou répétition et de balayer le plus largement tous les aspects de la vie d'une femme juive dans un pays exsangue. 

La forme des films qui traitent de l'intime d'une famille juive, du huis clos d'un couple, peut sembler théâtrale ou surjouée et pourtant tout est réaliste, fidèle et juste.

Le film démarre de façon spectaculaire avec ce plan sur le visage de Vivianne et ses frères qui la travaillent pour lui faire oublier son caprice existentiel, lui faire ravaler son émancipation et rester avec son mari, façade nécessaire vers une société qui n'a que faire des femmes seules ou divorcées comme le montrait mariage tardif.

Les symboles sont un peu marqués ou didactiques, mais c'est pour mieux asseoir le drame qui se joue pour cette femme mais aussi pour sa famille. 

Ce qui donne de la subtilité au propos c'est que les Elkabetz n'accablent pas pour autant le mari, mais montrent juste son impuissance à rendre sa femme heureuse, engoncé qu'il est dans sa culture et sa religion qui le dévorent.

Les enfants souffrent incroyablement de ces tensions. Personne n'est libre dans cette famille.

La vieille grand-mère observe passivement ce quotidien édifiant, avec un soupçon d'empathie pour ce qui semble faire écho en elle. 

Gilbert Melki apporte la seule bouffée d'oxygène et issue pour Vivianne, mais aussi pour le spectateur qui subit quand même ces tensions et crises d'hystérie.

Alors oui, il y a du Cassavetes dans cet appartement et le jeu de Ronit n'a rien à envier à celui de Gena Rowlands dans Une femme sous influence (1974). On la voit étouffer, souffrir et on pressent en même temps qu'il n'y a rien à faire, aucun espoir. 

Car rappelons que le film évoque les années 70 et qu'à cette époque dans la société israëlienne, pas plus aujourd'hui d'ailleurs, rien ne bouge et certainement pas le droit des individus. 

Note : 4/5

 

 

 

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Published by Ruben Falkowicz - dans Drames
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