Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 09:21

morse

 

Titre original international : Let the Right one in

Réalisateur : Tomas Alfredson

Distribution : Kåre Hedebrant, Lina Leandersson

Durée : 1h55 

La rencontre entre un enfant solitaire, bouc émissaire de ses camarades, avec une jeune fille qui se révèle toute aussi marginale que lui ...

Le cinéma nordique est certainement l'un des plus inventifs et originaux actuellement, qu'il soit danois, islandais, norvégien ou suédois et quelques soient les genres qu'il propose : drames avec les films de Susanne Bier et l'exceptionnel Madds Mikelsen Open Hearts (2002) ou After the wedding (2006), les thrillers comme la fantastique trilogie Pusher, les comédies grinçantes comme Adam's Apple (2005) et autre Green Butchers (2003) ou des films inclassables comme Norway of Life (2006).

La grande qualité de ce nouveau cinéma est qu'il s'agit toujours de films d'auteurs qui arrivent à exister désormais sans la charte du Dogme ou l'affreux manipulateur Lars Von Trier.

Avec Morse, inspiré d'un roman à succés, Tomas Alfredson tape fort puisqu'il fait cohabiter une histoire d'amour avec un film d'horreur et plus spécificiquement film de vampire, genre en vogue aujourd'hui comme en témoigne l'engouement pour Twilight...

Mais on est loin du clip sucré destiné aux adolescentes en mal d'émotions.

Morse est un film profond, sensible et inquiétant qui aborde une tapée de thèmes en moins de 2 heures ce que ne pourra jamais faire le bonbon anglo-saxon en 4 films. D'autant qu'ici aucune mièvrerie ou sensiblerie : tout est en retenue. C'est certainement le film d'horreur le plus tendre que j'ai pu voir.

La réalisation est assez lente et ne privilégie aucunement l'horreur ou l'aspect sanglant que pourraient attendre les adeptes du genre. Et pourtant à cet égard il n'est jamais frustrant car il compense largement l'ostentatoire avec une atmosphère glaciale (nordique!) inquiétante servie par un casting excellent : 2 enfants non professionnels qui donnent une épaisseur épatante à cette histoire.

D'abord Oskar joué par un garçon blond à la beauté diaphane et troublante. Une grâce presque féminine contrastant avec la présence sauvage de la fille, Eli, qui joue le vampire avec un regard inquiétant et en même temps touchant. 

La difficulté pour le scénariste, qui n'est autre que l'écrivain du roman original, a été de faire des choix sans que l'histoire ne se trouve amputée par trop d'ellipses. Mais finalement comme dans le livre, c'est l'histoire d'amour entre 2 âmes solitaires qui prime sur le côté fantastique. Et c'est certainement là la plus grande réussite du film, encore une fois grâce aux performances des enfants, mais aussi à la pudeur, la pureté de cette relation impossible, et le trouble que peut engendrer ces 2 corps infantiles qui se rencontrent comme ceux de 2 adultes.

Pourtant si l'aspect film d'horreur est très épuré et sobre, à l'image des effets spéciaux, cela n'en est pas moins saisissant avec quelques scènes terribles comme le final jouissif... Les rencontres nocturnes de ces 2 enfants sont servies par une photographie lêchée, des plans magnifiques avec un jeu sur les reflets comme pour mettre ces 2 êtres en miroir l'un de l'autre. Chaque plan est un plaisir visuel et vient trancher avec l'image habituelle du film de vampire noir ou gore. 

Mais Morse ne délaisse à aucun moment ou ne trahit jamais la mythologie du vampire comme le fait l'inepte Twilight avec ses vampires végétariens, bio, qui se baladent à poil en se dorant la pillule au soleil (tout fout le camp...)

Bref, en conclusion un film sublime qui ravira tout cinéphile au-delà du contenu qui peut effrayer les âmes sensibles. Ne pas hésiter !

Note : 5/5



Partager cet article

Repost 0
Published by Ruben Falkowicz - dans Horreur
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Ruben Falkowicz
  • Le blog de Ruben Falkowicz
  • : Critiques de films. Cinéma et DVD
  • Contact

Recherche