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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 15:09






Réalisateur : Jean-François Richet.

Distribution : Jean-Pierre Cassel, Gérard Depardieu, Elena Ayana, Cécile De France, Gilles Lelouche  ...

Beaucoup se sont offusqués que l'on puisse consacrer 2 films à un homme ayant défrayé la chronique en commettant le pire.
Premier volet d'un diptyque sur la vie du célèbre gangster, le film aurait pu s'appeler "les origines du mal" si son propos avait été manichéen.

Mais c'est loin d'être l'objectif du réalisateur que de prendre position sur son personnage; de le présenter comme un fou dangereux ou au contraire comme un héros dramatique, même s'il contient un peu des deux et que c'est au spectateur de se faire une idée sur le criminel.

Je m'en tiendrai donc à ce que j'ai vu, à savoir un film d'action de haut vol, un film noir prenant et haletant de bout en bout, sans chercher à comparer avec la véracité des faits ou celle racontée dans une autobiographie par le criminel lui-même. 

Le réalisateur replace les débuts du gangster dans un contexte historique lourd : la guerre d'Algérie. Commençant le film avec la fin tragique de Mesrine, connue de tous, il nous propulse 20 ans en arrière, en Algérie où ce dernier est confronté directement avec l'horreur de la torture perpétrée par l'armée française. Il montre comment nait la haine et le racisme dans le coeur des hommes et dans celui d'un Mesrine que l'on sent posséder déjà cet instinct de mort.

La recomposition d'époque est bluffante. Au-delà de simples détails, c'est l'état d'esprit et l'ambiance de toute une société qui ont été travaillés et restitués.
Le choix des acteurs est également parfait. Depardieu, dont on avait oublié qu'il savait encore faire autre chose que du cabotinage, est sobre, charismatique, méconnaissable.
Gilles Lelouche en parfait crétin qui vous débauche un homme pour le faire replonger.

Les femmes sont magnifiques et le réalisateur montre l'importance qu'avaient celles-ci auprès de leur gangsters d'hommes.
Elena Ayana, d'une grande beauté, est celle qui va brûler sa vie pour suivre un homme dont elle sait qu'elle ne peut pourtant rien attendre. Cécile De France, forte et fragile, prête à aller jusqu'au bout avec celui qui la fait rêver ...

Enfin Vincent Cassel, terrible, cruel, sans concession, incarne parfaitement la folie d'un homme qui ne sait même plus ce qu'il recherche mais qui est toujours prêt à l'extrême envers les autres mais aussi envers lui-même. Il a cette froideur et cette détermination dans le regard, que l'on pouvait retrouver chez un De Niro.

Le film est parfaitement rythmé, nerveux, sans temps mort. Le scénario est passionnant (quelques soient les libertés prises par le réalisateur) et la mise en scène toujours au service de l'action et digne de ce que le cinéma français fait de mieux.
A cet égard, le passage dans une prison au Canada restera comme moment d'anthologie et d'effroi.

Au final L'instinct de mort n'a rien à envier aux meilleurs productions américaines.
Du grand cinéma ! 

Note : 4,5/5 

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commentaires

RDP 11/11/2009 13:15


Je m'étonne quand même qu'il n'y ait pas un mot sur Roy Dupuis... à croire qu'on a affaire à un sinistre inconnu............


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