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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 10:09

lesnuytis

 

 

Réalisateur : Eric Rohmer

Distribution : Pascale Ogier, Tcheky Karyo, Fabrice Lucchini

Durée : 1h40

Louise veut renforcer son couple en ménageant son autonomie, et sa liberté, une nuit par semaine dans son pied à terre parisien. Mais elle va se laisser piéger par son propre jeu car Remi, son compagnon, ne l'entend pas de cette façon.

J'ai toujours une certaine appréhension avec les films de Rohmer, car ils peuvent être magnifiques et irrésistibles comme Ma nuit chez Maud (1969), ou alors empesés voire ennuyeux. 

Rohmer nous parle ici, une fois de plus, de la relation au sein d'un couple, mais aussi du jeu amoureux, de la séduction et finalement de la comédie que nous jouons tous. Il arrive finement à décrire la figuration sociale qui est celle de chacun ainsi que notre posséssivité et dépendance par rapport à l'autre. 

Au premier abord si le scénario semble secondaire par rapport au jeu des acteurs, il n'en est rien car Rohmer cisèle parfaitement la ligne directrice du film ainsi que les dialogues, principaux atouts du cinéaste à mon avis. Il parvient subtilement à tisser le canevas de son histoire pour nous parler de choses fondamentales derrière une illusion de grande légèreté qui voit les personnages papillonner dans leur vie bien bourgeoise et parfois futile.

Rohmer c'est évidemment du cinéma très littéraire, la musique des mots avant tout, sans pourtant négliger la forme, les lumières ou le décor ici aménagé par l'actrice principale elle même.

Les acteurs sont merveilleux. Pascale Ogier, fille de bulle Ogier, décède malheureusement peu de temps après. Elle dégage une vraie grâce, et nous envoute avec son regard de biche innocente. sa présence, toute en légèreté, nous accompagne et nous touche réellement tant elle semble naturelle et spontanée. Face à elle un Lucchini beaucoup plus capricieux, irrésistible peut être, mais toujours un peu précieux et parisien. Pour autant c'est l'acteur que nous aimons et qui n'a jamais cessé de nous fasciner malgrè ses excès. Enfin Tcheky Karyo, acteur discret, mais au charisme brut convient parfaitement pour donner la réplique à ses partenaires.

Le film fonctionne et s'il ne nous prend jamais aux tripes ni ne boulverse, il ne manque pas de faire écho par le regard qu'il porte sur les âmes humaines, les liens qui nous font exister, ainsi que la représentation à laquelle on doit se soumettre comme cette magnifique scène de fête bourgeoise qui rappelle délicieusement les années 80, dans toute leur fraîcheur ou candeur.

On ne s'ennuie jamais, et on se laisse volontiers aller au jeu de l'amour et des blessures qu'il ne manque jamais d'infliger au passage

"qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd sa raison"

Note : 3,5/5



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commentaires

David 18/05/2010 17:17


Je n'ai jamais trouvé les films de Rohmer "empesés et ennuyeux" ; au contraire ils m'ont toujours bouleversé d'une manière constante. Le seul bémol concerne justement "Les Nuits de La Pleine Lune"
qui me semble avoir mal vieilli. Cette description des années 80 à Paris montre une tristesse presque résignée (ce film, quand j'y repense, s'accompagne d'une couleur grise qui l'imprègne de tous
les côtés) ; au lieu que la plupart des films de Rohmer se basent et se terminent sur un éclaircissement, pour ne pas dire éblouissement. Je crois que cela vient de la description d'une époque
sombre.


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