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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 07:03

maria

 

Réalisateur : Rainer Werner Fassbinder

Distribution : Hanna Schygulla

Durée : 120 min

 

Durant la seconde guerre mondiale et au-delà, la vie de Maria, jeune mariée, qui doit rapidement se séparer de Hermann immédiatement rappelé à partir sur le front. Devenue entraîneuse dans un bar, elle rencontre Bill, soldat américain avec qui elle vit une histoire jusqu'au retour de son mari qui les surprend. Maria tue Bill et Hermann s'accuse du crime, s'éloignant d'elle une fois de plus pour purger sa peine. Maria va devoir s'émanciper et trouver du travail ...

 

Le mariage de Maria Braun s'inscrit dans une trilogie consacrée à des portraits de femmes : Le mariage de Maria Braun (1979), Lola (1981), Veronika Voss (1982).

Dans le présent film, Fassbinder s'intéresse à ce qui guide et permet à ceux qui restent, et donc principalement aux femmes, de tenir en temps de guerre mais surtout, et ce qui est assez fort, après la guerre. Il montre que finalement vivre est moins facile que survivre. Le film n'est certainement pas une vision politique ou historique de la guerre puisque les nazis sont absents et que l'on n'évoque pas du tout l'occupation ou encore la défaite lorsque les hommes reviennent.

Il s'agit juste d'une photographie du pays à un moment donné à travers des histoires individuelles et plus particulièrement celles des femmes. Un hommage à leur courage mais surtout la volonté de ne pas juger ni d'exclure leurs faiblesses durant une période particulièrement compliquée pour elles. A travers les amours de Maria, Fassbinder est plein d'empathie, fait abstraction de tout manichéisme et emplit son portrait d'humanité. 

C'est précisément ce qui rend Maria, incarnée par la magnifique Hannah Shygulla, si belle et touchante. A la fois farouche, rebelle et triste, elle fait son chemin avec un certain panache. Il y aurait presque une certaine absurdité dans la fidélité de cette femme à un homme qu'elle n'a connu que quelques jours, si Fassbinder ne montrait pas que la notion de fidélité ne pouvait se résumer à un voeu de chasteté. Maria est une femme dans l'attente qui n'oublie pas de vivre ni d'aimer pour accueillir celui qu'elle a choisi et à qui elle veut transmettre sa force. 

Le ton est volontairement léger, voire drôle, mais surtout cynique. Fassbinder ne tombe dans aucun pathos ou aucune complaisance, mais traduit son amertume à travers beaucoup d'humour, certes désabusé, mais signe de son talent. La scène initiale où l'on assiste au mariage de Maria sous les bombes, presque surréaliste, pourrait rappeler Underground (1995) : juxtaposition d'un quotidien qui s'organise chez des individus jamais résignés, avec la guerre qui balaye tout mais fertilise la vitalité de ceux qui résistent (même si l'on parle ici de l'Allemagne nazie). D'autres scènes, celles des amours de Maria, avec des hommes pas forcément très beaux, ni jeunes, sont à la fois charnelles et pudiques.  Les gros plans sur la peau et l'intimité des corps sont magnifiques comme le sont tous ceux du film tant la photographie est superbe et la mise en scène d'une maîtrise incroyable dans sa simplicité. 

C'est cette même simplicité qui résume le talent de Fassbinder car elle rend son cinéma passionnant et humain.

 

Note : 4,5/5

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Published by Ruben Falkowicz - dans Drames
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