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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 18:23

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RéalisateurAndrzej Zulawski

Distribution : Romy Schneider, Fabio Testi, Jacques Dutronc, Klaus Kinski

Durée : 109 min

 

Nadine, actrice en déclain et angoissée par le temps qui passe, tombe amoureuse d'un photographe lequel trouvera en elle la grâce et la beauté nécessaires à son ambition de quitter un certain milieu à scandales où le travail peu avouable le faisait vivre jusqu'à présent. Mais la relation n'arrive à s'installer et se laisse gagner par la noirceur du milieu du show-biz.


Romy. Que dire de la plus belle femme et actrice que le cinéma français ait jamais connu. Au-delà de sa beauté, c'est la force et la violence contenues dans une personnalité des plus tourmentées qui jaillit à chaque fois qu'un réalisateur lui fait confiance, ce qui n'a pas toujours été le cas.


François Truffaut disait : " le cinéma c'est l'art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes". Avec Zulawski on pourrait penser que le cinéma c'est l'art de faire faire des choses terribles à de jolies femmes. Car rappelons que le réalisateur n'est pas avare en provocations à l'égard d'un public qu'il aime choquer à chaque fois un peu plus. Dans Possession il poussera de la même façon Adjani au bout de son personnage, magnifique et laide à la fois, dans un film encore plus inquiétant et sulfureux.


Mais si Romy livre ici une stupéfiante prestation (qui lui vaudra son premier césar), c'est qu'il revêt une dimension toute personnelle et autobiographique. Lorsque l'on connaît le drame que fut sa vie ou les doutes et douleurs qu'elle a du surmonter, on comprend que ce rôle était à la fois pour elle mais aussi des plus difficiles à interpréter. A partir de ce moment le déclin et la dépression de l'actrice feront de sa vie un enfer.


Mais comme dans beaucoup des films de Zulawski, la noirceur du coeur des hommes ainsi que la perversion de leurs âmes sont rédibitoires. Aucun espoir pour ce photographe qui cherche à quitter un milieu mafieux, ou pour cette actrice au talent certain mais dont la confiance vacille et qu'un milieu violent et manipulateur va briser encore un peu plus. Sauf que ...

Sauf que l'amour, même si tourmenté au départ, avec la même complaisance pour le drame que l'on retrouvera dans Possession, qui fait de Zulawski  un réalisateur doué mais souvent agaçant, cet amour est la seule lueur d'espoir qui transparaît in extremis à la fin. Il faudra également à Nadine le sacrifice d'un homme étrangement interprété par un Dutronc triste et sobre, même si parfois cruel envers cette femme qu'il a sauvée et qui le fait souffrir.


En dehors de ce trio qui cherche son salut, les hommes sont cyniques, violents mais aussi malades et tourmentés. On n'échappe pas à une description complètement négative des acteurs, des artistes et de leur milieu malsain, avec encore une certaine complaisance pour un cynisme et des clichés, reflets certes d'une réalité, mais qu'il serait bon de nuancer.

Le terrible Kinski dont la seule présence donne du poids au film, apporte également à son personnage un troublant écho de l'homme qu'il était, capacité de l'acteur fou et mégalomane à se regarder en face.


Au final une histoire forte et dense, habitée par des acteurs formidables mais larmoyant et frôlant la complaisance pour le tragique et le malsain.


Mais il serait fou de passer à côté de la belle Romy ...


Note : 3,5/5


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Published by Ruben Falkowicz - dans Drames
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