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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 13:58
inglorious



Réalisation : Quentin Tarantino

Distribution : Brad Pitt, Christoph Waltz, Michael Fassbender, Mélanie Laurent, etc ...

Durée : 2h33

Durant l'occupation, Tarantino revisite l'histoire et confie à ses "basterds" le soin de casser du nazi.

On sait que Tarantino ne craint rien et certainement pas, à notre plus grand plaisir, de s'emparer de l'épisode le plus sombre de notre histoire, à savoir l'occupation durant la seconde guerre, et de le remodeler à la façon d'un western spaghetti...
Le plus irrévérencieux, et donc la réussite du film, est de ne pas prétendre à l'utilité publique. Inglorious Basterds est pour lui un immense terrain de jeu où il va afficher plus que jamais son amour pour le cinéma et l'ambition de divertir avant tout le spectateur.

Son plaisir étant communicatif, et puisqu'il s'en donne largement les moyens, le film est jubilatoire, certaines scènes sont brillantes et hilarantes, les dialogues, comme toujours, aux petits oignons. Disons aussi qu'il s'entoure d'acteurs tous meilleurs les uns que les autres.
Brad Pitt, comme chez les frères Cohen avec Burn after reading (2008), montre tout son potentiel comique, et même lorsqu'il surjoue il n'en est que meilleur.
L'interprétation de Christophe Waltz relève de la performance, qui lui vaut la palme d'interprétation masculine, et nous fait découvrir tout le talent d'un acteur restreint jusqu'alors au petit écran.
Notons aussi la présence de Michael Fassbender qui prouve une fois de plus qu'il est l'un des meilleurs acteurs actuels puisqu'il avait littéralement crevé l'écran dans le terrifiant Hunger (2008) de Steve Mc Queen, ainsi que dans Fish Tank (2009), brillant film d'Andrea Arnold.

Tarantino fait appel à son pote Eli Roth qui avait déjà joué dans le délirant Grindhouse (2007), et qui confirme la passion de Quentin pour le cinéma d'horreur et la série Z puisque Roth est le réalisateur du terrible Hostel (2005).
C'est également Roth qui réalise le film Nation's Pride projeté dans la scène finale.

De manière générale, et c'est ce qui peut sembler hermétique pour certains ou lassant pour d'autres, le cinéma de Tarantino devient un concentré de références ou de clins d'oeil au cinéma qu'il surconsomme, de tous les genres qu'il affectionne comme le western ou les séries Z et des scènes mythiques des plus grands films comme ceux de Leone.
Un cinéma donc qui s'adresse de plus en plus aux cinéphiles avertis mais qui peut sembler à présent s'essouffler, tourner en rond ou devenir une caricature de ce qu'étaient les Pulp fiction ou Kill Bill. 

Evidemment son talent reste intact et le film fonctionne parfaitement, même si au départ il souhaitait réaliser une mini série et que le long métrage s'en retrouve un peu morcelé, mais la question est de savoir ce que Tarantino veut dire et comment va t il le faire à présent...

Par ailleurs ce qui fait notre délectation dans ses films ce sont les dialogues qui tournent autour de tout et de rien avec pour moi l'apothéose dans True Romance (1993) et la scène mythique entre Denis Hopper et Chritopher Walken.
Dans Inglorious Basterds ces dialogues tirent en longueur, ne générent plus vraiment la même tension si ce n'est au début lorsque Waltz traque une famille chez l'agriculteur.

Enfin le rôle du méchant distingué, poli et cultivé commence à devenir redondant, et la prestation de Waltz perd petit à petit de sa fraîcheur au cours du film.
Néanmoins si sur la forme il y a à redire, sur le fond je trouve prétentieux de condamner la vision historique de Tarantino, de la taxer de néo-nazisme ou d'antisémitisme, sous prétexte qu'il choisit l'absurde, le burlesque et le cynisme et transforme l'histoire pour délirer comme il en a la liberté et l'envie.

Au final certainement pas du meilleur cru mais tout de même jouissif et talentueux.

Note : 3/5



 

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Published by Ruben Falkowicz - dans Comédies
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