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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 19:12

HANA-BI

 

 

Réalisateur : Takeshi Kitano

Distribution : Beat Takeshi

Durée : 1h43

Nishi est un inspecteur de police défait par la mort de sa fille, la maladie de sa femme et la paralysie de son meilleur coéquipier. Il finit par démissionner et entamer un voyage pour accompagner sa femme dans ses dernières heures. Mais il lui faut composer avec les yakuzas qui sont sur ses traces afin de lui faire payer ses dettes ...

Hana-bi constitue certainement le film le plus emblématique et abouti de Kitano. Toujours habité par le même univers fait de yakuzas, de brutalités, mais aussi de poésie et d'humour souvent cynique, il parvient ici à donner une densité, une grâce à ce film central dans la filmographie du réalisateur japonais. 

Comme dans la plupart de ses films, Kitano incarne le personnage principal, taiseux, bourru, violent, mais aussi capable de beaucoup de tendresse et d'humour. Le film épouse complètement les différents états d'âme de 'beat' Takeshi (son nom de scène). 

La forme est faite de ruptures de rythme. Des scènes tantôt contemplatives ou lentes, construites sur des plans fixes, tels des arrêts sur image, augurant du pire où la violence du policier vient s'exprimer brutalement. Loin d'être linéaire, la mise en scène repose sur l'agencement de ces scènes, ces flashbacks déroutant et la conduite du scénario s'organise tel le puzzle auquel se consacre la femme de Nishi. 

Il se dégage chez ces personnages une solitude, une tristesse et une douleur qui donnent le ton des films de Kitano, parfois malgré tout plus légers comme Scene at the sea (1991) ou L'été de Kikujiro (1999). Les rapports très formalisés de la société japonaise expliquent cet hermétisme entre les personnages comme le traduit de façon excessive le mutisme de Nishi incapable de communiquer ni avec ses proches, ni avec sa femme mourante. 

Mais l'humour est toujours là comme pour apaiser les peines ou au contraire accentuer la nostalgie que dégagent ces âmes solitaires et bourrues. Parfois cruel, cet humour, fidèle à celui des mangas, traduit amèrement ce que Nishi (ou Kitano lui même) ne dit sur ses blessures et démons.

Alors en plus de cette lenteur hypnotisante que vient régulièrement briser la brutalité des confrontations, parlons de la musique omniprésente chez Kitano que signe à chaque fois merveilleusement Joe Hisahi qui est au cinéma ce que pouvait l'être Morricone. Profonde, riche harmoniquement et mélancolique, elle épouse parfaitement la trame narratique de ses films comme ceux de myasaki.

Enfin, ce qui fait de hana-bi un film exceptionnel, ce sont les peintures réalisées par le compositeur pour le tournage et qui viennent ponctuer ce film triste et beau, et traduisent la sensibilité et le génie du grand Kitano. Un film qui se contemple et se mérite.

Note : 4,5/5


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Published by Ruben Falkowicz - dans Drames
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