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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 08:44

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Réalisateur : David Fincher

Distribution : Edward Norton, Brad Pitt, Helena Bonham Carter

Durée : 139 min

 

Le narrateur raconte son morne quotidien uniquement motivé par l'achat de meubles IKEA. Il tente de vaincre sa solitude en arpentant les groupes d'anonymes à toutes les sauces et tous les maux. Jusqu'au jour où il rencontre Tyler qui le sort de sa torpeur en lui donnant goût pour la violence et la vie. Ensemble ils créent alors les Fight Club ...

Pour moi Fight Club est certainement l'un des films les plus importants dans la charnière qu'il compose entre les 2 siècles, ce qu'il dénonce s'étant largement accéléré au cours du XXI ème siècle. 

C'est clairement ce que l'on peu appeler un film subversif à la fois de part le ton qu'il emprunte mais aussi dans son contenu corrosif, provocateur ou politiquement incorrect. Ceci lui ayant d'ailleurs valu d'être taxé de dangereux fasciste ou d'anarchiste. Il n'en est rien. Fight club est simplement l'entreprise d'un réalisateur de talent (Seven, Alien3, the game etc...) d'adapter fidèlement le roman de Chuck Palahniuk qui n'a pas peur de mettre les pieds dans le plat et de nous alerter sur les maux de notre époque. L'homme refoule sa virilité ou son animalité, phagocyté qu'il est par son besoin matérialiste de posséder ou d'accumuler, le tout orchestré par un pouvoir financier toujours croissant.

Certes le film est violent, mais surtout dans ce qu'il nous renvoie et non dans ce qu'il montre. La véritable violence est celle qui agit en sourdine, mais qui, comme une lame de fond, asphyxie l'individu et son identité (Edward Norton n'a pas de nom au départ). 

Le film est d'un humour au cynisme grinçant comme cette évocation des meubles IKEA et l'obsession de Norton de tous les posséder comme une collection. Les virées nocturnes dans les groupes de paroles anonymes poussent également assez loin la satire. Mais Fincher s'entoure d'acteurs au talent et aux épaules assez larges pour donner du poids à son propos. Helena Bonham Carter, en suicidaire nihiliste, est parfaite et en même temps fidèle aux rôles sombres que son Tim Burton de mari lui donne habituellement.

Mais c'est le duo Norton / Pitt qui est des plus jubilatoires. Brad Pitt, comme souvent lorsqu'il joue les pitres cabotins est formidable. Il est la projection parfaite de ce que Norton aimerait devenir s'il lâchait prise sur sa vie et ses peurs. Le studt final est d'ailleurs ce qui m'a beaucoup impressionné la première fois  et qui transforme ce pauvre Norton, faible et victime, en dangereux malade schizophrène. Dés lors le film, en plus de dénoncer un système, explique l'aliénation mentale de ce cadre ordinaire, qui ne dort plus et sombre petit à petit dans la folie sans que ni lui ni nous ne l'avions suspecté.

L'atmosphère du film est malsaine et glauque comme celle du terrible thriller Seven (1995). Le rythme hâché en multiples scènettes, donnant parfois cet aspect " clip " renforce la narration, la rendant rapide, nerveuse et collant parfaitement avec le propos.

Pour moi c'est toute la première partie du film, à savoir la rencontre des 2 protagonistes, qui fonctionne le mieux, jusqu'à ce que Tyler Durden ne planifie ses plans chaotiques et anarchiques et que la superposition des 2 facettes du même peronnage n'éclate au grand jour. A partir de ce moment là, la volonté de Norton d'annihiler son double amène, selon moi, un élément inutile qui tire en longueur.

Mais la scène finale avec la chute de ces tours de la finance donne le vertige tant aujourd'hui elle ne manquerait pas d'à-propos

Et comme le dit Durden : " On a frôlé la vie"

Note : 3,5/5

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Published by Ruben Falkowicz - dans Drames
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