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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 10:44
district



Réalisateur : Neill Blomkamp

Distribution : Sharlto Copley ...

Durée : 1h52

Des scampis venus de l'espace victimes des affres de la discrimination et d'une forme d'appartheid ...

Nous évoquions récemment Avatar (2009), le film évênement de l'année et force est de constater certains points communs avec District 9: le cynisme des humains face à "l'autre" qu'il cherche à annihiler, écraser.
Mais si dans Avatar  le propos était clairement écologique, ici nous sommes plus dans la fable politique, une métaphore de tous les centres fermés de sans-papiers, de candidats à l'expulsion, évocation de l'appartheid pour ce film qui se déroule en Afrique du Sud...

Par ailleurs, si Avatar mettait en avant sa technologie reléguant le propos comme accessoire, ici c'est tout l'inverse, la forme est clairement au service du fond, avec des effets spéciaux discrets, mais maîtrisés de main de maître. Les créatures nous semblent bien plus touchantes et proches de nous que ne l'étaient les Na'vi dans le film de Cameron.
On se prend rapidement de compassion pour ces crevettes qui ne sont pas au bout de leurs peines.

Neill Blomkamp emprunte le procédé hérité du Projet Blairwitch (1999), à savoir une forme documentaire ou amateur avec une image faussement négligée, tremblante et des protagonistes répondant à une interview face caméra.
L'idée d'utiliser une caméra amateur avait était exploitée avec brio dans Cloverfield (2008), qui relançait grandement le film catastrophe, ou Rec (2007), film d'horreur palpitant et donc réussi.

District 9 n'invente rien, mais il va plus loin, faisant parfaitement coller ce procédé à l'histoire.
La première heure est à la fois cynique, drôle et malsaine. Le petit fonctionnaire de bureau, derrière sa paperasse, est passé au vitriol. Les interviews sont réalistes et assez déconcertantes par la présence des aliens en arrière plan, essayant de survivre péniblement à leur sort.
Le ton rappelle celui de Starship Troupers (1997), lorsque le burlesque l'emportait sur l'horreur.
Sharlto Copley incarne parfaitement Wikus Van der Merve, personnage idiot, lâche et arriviste qui va pourtant devenir le maillon principal entre les 2 races... 

L'intérêt du film s'étiole pourtant, le réalisme également, avec l'évolution de Wikus, lorsque ce dernier devient héros, que le film se fait épique et que l'action devient centrale.
Evidemment, dans le cas contraire, certains auraient pu lui en tenir rigueur, mais pourtant l'audace aurait été de tenir cette fable politique, cette réflexion philosophie, jusqu'au bout, sans céder au pathos, et bacler la fin juste pour anticiper sur le second opus à venir. 

Malgré tout, impossible de bouder son plaisir pour ce film qui souffle le renouveau sur le paysage du cinéma de science-fiction ... 

Note : 3,5/5 

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Published by Ruben Falkowicz - dans Science fiction - fantastique
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