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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 07:31

betty


Réalisateur : Claude Miller

Distribution : Sandrine Kiberlain, Nicole Garcia, Mathilde Seignier, Edouard Baer.

Durée : 1h43

Un film choral. Les destins de plusieurs femmes vont se croiser après la tragique disparition de l'enfant de Betty, écrivain à succès. Sa folle de mère débarque dans sa vie et va vite trouver un stratagème pour remplacer cette perte.

Betty Fisher est un film sur les femmes. Dans ce puzzle c'est avant tout à une mosaïque de caractères féminins qu'on à affaire, avec tout ce que cela comporte de folie, méchanceté, tendresse, humour, etc...
L'histoire n'est pas extraordinaire, mais la forme, que maîtrisait un Altman dans Short Cuts (1993), lui donne ici tout son relief car subtilement maîtrisée, même si le début est un peu difficile et poussif.

Il fallait donc au réalisateur pouvoir s'entourer d'actrices dignes du sujet.
Sandrine Kiberlain, figure principale du film, m'a toujours laissé perplexe. A la fois triste et inexpressive en apparence, elle n'en finit pas moins par être convaincante et certainement attachante. Gageons qu'il s'agit certainement d'une belle personne plus que d'une bonne actrice, mais elle éveille fatalement notre empathie (lorsqu'elle ne chante pas...)
Nicole Garcia, par contre, incarne la mère névrosée de Betty avec une épaisseur et une présence qui peuvent nous rappeler Gena Rowlands dans le magnifique Une femme sous influence (1974). Elle est agaçante, bavarde et sournoise. On déteste rapidement l'égocentrisme et l'indifférence de cette femme, pourtant, clairement fragile. 
Enfin Mathilde Seignier n'est pas forcément plus passionnante que sur les plateaux TV, mais elle colle relativement bien au rôle de la salope qui n'a aucun amour propre ni aucun avenir.

Le film concilie habilement le drame, la comédie grinçante et finalement l'enquête policière. Le tout avec une certaine distance, une dérision qui lui donnent ce ton particulier qui finit par nous prendre lorsque la mécanique se met en place et que le rythme s'accélère.
La présence d'Edouard Baer, pauvre gigolo paumé et incapable de comprendre ce qui lui arrive, ajoute beaucoup à la légèreté et au cynisme.

Le scénario, comme toujours avec Claude Miller, est brillant et finement écrit. Il sauve ce qui aurait pu être une catastrophe, un film lourd sans élan. Ainsi les situations et malentendus plus improbables les uns que les autres, se succèdent pour notre plus grand plaisir tandis que Kiberlain survole le tout avec une certaine grâce et son regard de biche perdue.

Sans être un chef-d'oeuvre, cette comédie dramatique est ce que le cinéma français peut nous offrir de mieux lorsqu'il est inspiré.

Note : 3,5/5
 

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