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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 10:38

thirst

 

Réalisateur : Park Chan-Wook

DistributionKang-ho Song, Ok-bin Kim ...

Durée : 133 min

Sang-hyeon, jeune prêtre, désespère de son impuissance face aux malades qu'il voit mourir. Il décide alors de se porter volontaire pour un vaccin destiné à éradiquer un virus, mais à l'instar des autres il succombe à l'expérience sauf que... Une transfusion sanguine lui redonne vie mais le transforme également progressivement en vampire l'amenant à ressentir de nouvelles pulsions en plus de sa soif vitale d'hémoglobines...

 

Et un de plus ! On ne compte plus aujourd'hui les films, séries ou livres qui se prennent d'engouement pour le vampire, figure hautement effrayante autant qu'attirante. Aussi bien la passionnante, quoiqu'inégale, série true blood que le fade et inepte twilight sans oublier l'incroyable Morse. Pour tous l'ambition est de redéfinir l'identité de la mystérieuse créature, lui donnant plus d'humanité, devenant ainsi le symbole de nos passions mais également et surtout de nos tabous. 

Park Chan-Wook, virtuose que l'on ne présente plus (Mister Vengeance (2002), Oldboy (2003), Lady Vengeance (2005), etc...) s'empare à son tour du sujet pour notre plus grand plaisir, concentrant sur son acteur fétiche, Kang-Ho Song (The Host (2006), Lady Vengeance (2005), Sympathy for mister vengeance (2002), etc...) qui incarne ce prêtre fragile en proie au doute, les plus violentes passions charnelles incompatibles avec sa fonction humaniste. Mais c'est sa rencontre avec Tae-Ju qui réveille en lui des pulsions jusqu'alors enfouies sous la soutane qu'il n'avait jusqu'à présent jamais été soulever ... 

Il est intéressant de constater que, sans pour autant bafouer la figure mythique du vampire et ses coutumes, il arrive à revisiter dans son film cette figure ancestrale se concentrant moins sur ses pulsions vitales faisant d'ailleurs l'impasse sur les canines jusqu'alors incontournables, et s'attachant plus à décrire les changements et transformations psychologiques s'opérant chez cet homme en proie aux pires dilemmes. Et puis comme pour Morse, sans pour autant snober notre plaisir avide de surnaturel, le thème est ici prétexte à une histoire d'amour belle, sulfureuse, vache ainsi qu'à une réflexion autour de la trahison et la culpabilité : celle qui saisit le couple complice dans un homicide qui les torture et les hante à travers des visions ou des cauchemars, nous gratifiant de quelques scènes à la fois formidables,  absurdes et improbables dans ce film de vampires !

L'humour est d'ailleurs omniprésent à travers ces personnages mal fichus, inadaptés, qu'ils soient vampires ou non, et la dérision l'emporte toujours sur la gravité apparente des situations.

Park Chan-Wook, comme dans tous ses films, mèle à l'horreur des situations ainsi qu'à leur violence, une grâce, une poésie ainsi que des scènes érotiques inattendues d'une grande originalité. Mais si visuellement Thirst est d'une grande beauté, avec une photographie léchée, son réalisateur tombe encore dans le travers de se complaire dans cette maîtrise incroyable, dans cette atmosphère mélancolique, soufflant le chaud et le froid. Ainsi le film tire en longueur, certaines ellipses sont d'ailleurs assez confuses, et certaines scènes fantastiques, artificielles et même maladroites. Mais Park conclut brillamment son récit en donnant à ses vampires coincés et traqués une fin des plus épiques.

 

Un film donc inégal mais très envoûtant.


Note : 3,5/5

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Published by Ruben Falkowicz - dans Science fiction - fantastique
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