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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 07:00


Réalisateur : Kenneth Lonergan
 

Distribution : Casey Affleck, Kyle Chandler, Michelle Williams, ...
 

Durée : 137 min
 

Lee Chandler vit seul à Boston où il travaille comme homme à tout faire pour des particuliers. Un événement le rappelle à Manchester, sa bourgade natale qu'il a dû fuir pour échapper à son passé tragique. Il va devoir s'y reconfronter et prendre en charge la tutelle de son neveu Patrick.
 

Sans grande originalité de scénario relativement prévisible dés le départ, Manchester by the sea est avant tout la description d'une famille, d'un petit milieu social où tout le monde se connaît et vit en relative solidarité, et surtout d'un homme écorché, de sa douleur insurmontable qui le fait chuter des années au cours desquelles il va se punir, chercher le châtiment et cesser de vivre pour se permettre de descendre jusqu'en dessous des cendres dont il ne peut renaître.
Un homme qui ne lutte plus si ce n'est pour s'infliger encore plus de blessures et prendre encore plus de coups.

La mise en scène, aussi classique soit-elle, permet de tisser petit à petit son histoire à travers de délicats flashbacks et de nous saisir par le contraste entre la lumière et l'obscurité, la vie heureuse d'un homme aimant et l'existence morne qu'il choisit ensuite comme seul écho possible au poids qu'il porte.

Le film n'est pas un mélo. Il ne cherche pas à nous soutirer les larmes qui coulent pourtant naturellement et n'est ni voyeuriste ni complaisant. Il n'en reste pas moins dur comme l'est le personnage incarné par un Casey affleck organique, tendu et bouillonnant de douleur, de colère sourde, excellent dans sa retenue qui permet juste de laisser transparaître la palette d'émotions à laquelle  nous n'avons pas accès.

La caméra est pudique et se contente de poser les faits dont le plus tragique est accentué par l'adagio d'Albinoni. La musique pourrait d'ailleurs être la seule facilité qu'on reprocherait au réalisateur pour son utilisation parfois abusive, si elle ne permettait, à cet instant précis de climax dramatique, la compassion et l'empathie pour un homme fermé et brutal.

La force  du film réside donc dans le parcours de Lee qui n'accepte l'aide de personne car elle est inutile et qui sait que la rédemption n'est possible que s'il va toucher le fond, les entrailles de sa peine et de son sentiment de culpabilité, pour laisser émerger ses émotions. Il peut alors laisser Patrick l'approcher, ce garçon qui cherche un père et trouve un homme blessé qu'il prend en charge à sa manière tout comme il se repose sur lui pour imaginer l'avenir et grandir en tant qu'homme responsable de ses actes.
Ils comprennent ainsi parfaitement l'enjeu de ce lien salutaire qui permet à Lee de renouer avec les vivants, car les événements rattrapent ceux dont le chemin n'est jamais écrit ni terminé : un sillage sur une mer qu'il faut suivre, le bateau demeurant d'ailleurs le seul sanctuaire familial.

 

C'est là toute la beauté du film que de nous permettre de comprendre que les blessures et cicatrices sont à accueillir comme des opportunités de grandir à condition d'accepter la descente qui les précède.

Pour cette conclusion il est vital d'aller voir Manchester by the sea.
 

Note : 4/5

 

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Published by Ruben Falkowicz - dans Drames
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commentaires

Angeline 01/04/2017 14:23

j'aime me promener ici. un bel univers.Venez visiter mon blog

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