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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 06:53

 


Réalisateur : Dalton Trumbo
 

Distribution : Timothy Bottoms, Kathy Fields, Jason Robards, Donald Sutherland ...
 

Durée : 111 min

 

Durant la première  guerre mondiale, l'histoire de Johnny qui s'en va-t-en guerre pour servir sa patrie. Il en reviendra vivant mais dans un tel état que la mort eût largement prévalu.
 

Johnny got his gun est le premier film de l'auteur Dalton Trumbo qui adapte ici son propre roman, au titre éponyme, écrit fin des années 30. Il fait partie de ces films qui vous prennent aux tripes  dès  le début pour ne plus vous lâcher, faisant naître l'effroi et la peur afin de décrire, dénoncer ou accabler,  les velléités guerrières et patriotiques d'un pays.
Réalisé en 71, il fait largement écho à l'enlisement au Vietnam, à la folie meurtrière mais aussi, et surtout, à l'absurdité de ces guerres qui envoient des jeunes hommes se transformer en chair à canon. 

Unique film de l'auteur, dont le rôle a  été interprété récemment par l'excellent Bryan Cranston (breaking bad). Trumbo était un homme politiquement engagé, scénariste et écrivain. Il souhaitait tout d'abord confier son scénario à Bunuel qui refusera mais interviendra tout de même dans certaines scènes surréalistes comme celle du Christ auquel rêve Johnny. 
 

C'est tout d'abord sur la forme que le film surprend de part cette alternance du noir et blanc, évoquant le retour, l'handicap, la fin des perspectives pour un homme broyé, et la couleur qui raconte les rêves, les fantasmes mais aussi les souvenirs heureux d'avant guerre. 

Trumbo passe d'un contenu froid, cruel voire expressionniste, dans la description du sort de Johnny enfermé et livré au corps médical totalement sans compassion, à des scènes en couleur, surréalistes, où il retrouve les êtres qui furent chers pour lui comme son père ou Kareen, sa bien-aimée. Celles-ci sont assez audacieuses, touchantes et visuellement très belles. C'est là que l'on prend conscience que cet homme est encore un enfant dont l'armée sacrifie la vie pour de sombres intérêts. 
 

Les scènes de guerre rappellent les sentiers de la gloire de Kubrick et témoignent de cette absurdité mais aussi de cette confiance aveugle de soldats mobilisés qui croient servir leur patrie. 


Les acteurs sont formidables, notamment Jason Robards qui joue un père bourru, désabusé mais aimant, dont Johnny n'aura cesse de chercher la reconnaissance jusque dans sa prison physique et dans ses fantasmes.
 

Au début perturbants, les flashback sont nécessaires pour connaître l'histoire d'un homme qui sacrifie tout pour partir. Ils sont accompagnés de sa voix intérieure qui, peu à peu, perçoit l'horreur dans laquelle on l'abandonne, hurle, cherche de l'aide mais n'en trouve pas si ce n'est auprès d'une infirmière qui apparaît comme un ange, cherchant à l'apaiser, lui donner de l'amour ou à communiquer avec lui, ce qu'elle parviendra  à faire.
 

Les médecins, pour les intérêts d'une science expérimentale et inhumaine, et pensant que la conscience a quitté ce corps, préfèrent laisser ce monstre de foire, dans lequel il s'imagine, enfermé dans une prison plutôt que de compromettre leur réputation. Peu de sorts au cinéma ne furent si cruels que celui de Johnny. Sa voix (off) intérieure décrit ses émotions, ses peurs, sa terreur mais aussi sa douceur, son combat et parfois son envie de trouver dans le moindre rayon de soleil, qu'il apprend à sentir, un espoir de survie.
 

Nous pensons forcément au battement d'aile du papillon où Amalric explorait de la même manière ses souvenirs et les recoins de son esprit, nous accompagnant de sa voix durant son cruel cheminement.
 

Nous ressentons identiquement cet étouffement et cet enfermement grâce au magnifique travail sur la photo, aux jeux de lumière et à ce silence qui laisse résonner le cri d'un homme que nul ne peut sauver, pas même le Christ, joué par Donald Sutherland, qui préfère s'éloigner que de reconnaître qu'il n'y a là rien d'autre que l'enfer.

Un film aussi sublime que terrible. A voir sans hésitation, le coeur ouvert et bien accroché.


 

Note : 4,5/5

 

 

 

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Published by Ruben Falkowicz - dans Drames
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Angelilie 16/03/2017 18:53

Bonjour, j'apprécie beaucoup votre blog. n'hésitez pas à venir visiter le mien. au plaisir

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