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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 08:01

 

Réalisateur : Alfred Hitchcock
 

Distribution : Cary Grant, Joan Fontaine
 

Durée : 99 min


 

Lina, jeune femme de bonne famille, tombe amoureuse de John, séducteur aux frasques débridées. Ils se marient mais Lina découvre alors que son mari est fauché et qu'il compte sur elle pour continuer à mener la grande vie. Elle se confronte peu à peu à sa réputation ainsi qu'à ses mensonges qui installent le doute en elle. Les soupçons ne tardent pas à poindre dans cette idylle perturbée. Lina devient dés lors persuadée que son mari est un meurtrier qui souhaite la tuer pour hériter de sa fortune et de ses moyens de subsistance.


Suspicion démarre comme une banale comédie sentimentale dans laquelle Cary Grant, habitué du genre, excelle comme séducteur cabotin à la répartie rappelant celle d'un Groucho Marx sans en approcher toutefois l'humour grinçant. L'histoire démarre donc avec fluidité et fraîcheur distillées par Joan Fontaine jeune, belle et spontanée, ainsi qu'un léger parfum de satire sociale et de rapports de classes.


Il semble clair que Hitchcock, dont la patte est ici à peine perceptible, tente d'abord d'installer son décor afin de l'assombrir et faire naître intrigue, suspens et soupçons.
Cary Grant apparaît peu à peu comme un individu opaque, inquiétant et menaçant comme l'était Sean connery dans Marnie. Les plans deviennent plus larges, les ombres se dessinent et c'est dans la tête de Lina que nous prenons place, observant sa paranoïa, ses doutes et surtout son effroi lorsque le pire de ce qu'elle pressent se réalise. On commence à douter et à soupçonner également le mari.

Mais si l'on retrouve la manière du maître à glisser peu à peu dans le suspens, on reste dans une superficialité de la narration, les boutades de Cary Grant ainsi que la banalité du quotidien du couple.
Hitchcock ne fait qu'appuyer les soupçons de Lina par quelques coïncidences peu crédibles.
Là où l'on percevait la complexité psychologique de Tippi Hedren dans Marnie ou encore le désespoir de Kim Novak dans vertigo, Joan fontaine reste lisse et peu convaincante si ce n'est qu'elle s'évanouit régulièrement au moindre doute... 
La bande son n'aide pas non plus Hitchcock à renforcer l'angoisse comme Bernard Herrmann le fera dans la plupart de ses films avec une force magistrale.

Cary Grant finit par lasser avec ses mimiques et ses feintes répétitives. Il représente la quintessence de cet âge d'or du cinéma américain et en même temps l'exemple même de ce jeu guindé que feront exploser les cinéastes du nouvel Hollywood, actors studio ou autres équivalents de la nouvelle vague en France.

Au final, n'ayant pas la main sur la direction de son récit, puisque le producteur l'invite à un happy-end fade et une fin de convenance, le film reste la petite comédie ennuyeuse qui nous fait, certes, sourire mais est loin de pouvoir laisser un souvenir tenace.

La déception l'emporte sur le soupçon.

Note : 2/5

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