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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 09:07

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réalisateur : Brigitte Sy

Distribution : Leïla Behkti, Reda Kateb ...

Durée : 97 min
 

1957. Albertine, une condamnée, s'est échappée. 
Durant cette évasion elle se brise l'astragale, petit os du pied, et devient impuissante et livrée  ainsi à la providence qui ne tarde pas à surgir sous les traits de Julien. Il la prend sous son aile. S'ensuit alors une histoire d'amour dans la France d'après-guerre confrontée à son histoire coloniale en Algérie.

 

L'astragale est l'adapatation du roman éponyme écrit par Albertine Sarrazin.
 

La réalisatrice  affirme clairement dès le début son intention de ne pas faire de film d'époque avec ses repères habituels (les vêtements, les voitures, les moeurs datées) mais de privilégier, au contraire, les rapports humains, ceux-là intemporels, et le lien qui unit Albertine à Julien. Le noir et blanc, très esthétique, ne vise d'ailleurs pas à nous plonger dans le passé mais à induire une pudeur, une distance vis à vis des protagonistes, soulignant ainsi leur fragilité et leur sensibilité à fleur de peau.
Le chef opérateur insiste sur les visages, les émotions plutôt que sur les plans d'ensemble qui pourraient vite devenir ostensibles tant la reconstitution est impeccable.

 

Mais au-delà de la trame et du suspens, de la traque sourde et menaçante, c'est le portrait d'une femme qui intéresse Brigitte Sy. Belle et fatale, insupportable et parfois moche, traînant sa silhouette d'écorchée, Albertine ne fait aucun compromis lorsqu'il s'agit de vivre cet amour auquel elle aspire et qui vient apaiser ses cicatrices et ce cri qui la dévore jusqu'à la folie.
Libre de ses moeurs, mais prisonnière de sa souffrance.

Leïla Behkti est parfaite dans ce rôle, insaisissable et ne se laissant jamais réduire à un profil, incarnant pleinement cette femme à la psychologie complexe. Reda Kateb, doux, patient et déterminé, lui répond parfaitement et vient éponger les débordements de celle qu'il aime et tente de rassurer parfois en vain.


A l'instar des films de couple en cavale (Bonnie and Clyde, le get apens, Thelma et Louise), Brigitte Sy filme l'urgence qui évolue ici dans une France certes libérée, mais aux prises avec ses heures les plus sombres de l'histoire coloniale, où il est compliqué d'arborer un profil basané comme celui d'Albertine.
Une France à la fois audacieuse et aux moeurs filmées ici sans tabou, mais également rétrograde et réactionnaire.

Une France dans laquelle Pauline Dubuisson, qu'a tenté de caricaturer Clouzot (la vérité), n'avait pas sa place, pas plus que ne la trouve Albertine Sarrazin.

note : 3,5/5

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