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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 23:23
Nebraska (2013)

Réalisateur : Alexander Payne

Distribution : Bruce Dern, Wil Forte, Stacy Keach, ...

Durée : 115 min

 

Woody est un vieil homme que le temps, l'alcool et l'ennui ont rendu sénile et hermétique. Un beau jour il reçoit une publicité par courrier lui annonçant le gain d'un million de dollar. N'ayant plus le droit de conduire il décide de partir à pied vers le Nebraska réclamer son dû. Devant son entêtement, son fils décide de l'emmener malgré les protestations de sa mère, acariâtre, qui ne supporte plus cet homme et aimerait plutôt le placer en foyer ...


Nebraska fait partie de cette tradition américaine des road movies dont le prétexte d'une histoire, le plus souvent improbable, permet de décrire de magnifiques et immenses paysages désertiques mais aussi le cheminement intérieur de personnages que la vie n'a pas ménagés et qui n'ont plus rien a perdre.
Nebraska n'est d'ailleurs pas sans rappeler the straight story (1999), très beau film de David Lynch, qui racontait le périple d'un vieil homme, souhaitant rejoindre son frère sur une tondeuse à gazon.

Mais si la thématique est devenue presque banale et que le film est ici très classique dans sa narration, sa réalisation demeure à la fois personnelle et intime. 

Intime de part la délicatesse que le réalisateur a de rendre des personnages aigris et frustrés en individus attachants avec des bagages existentiels que l'on devine lourds sans être pour autant sur-exposés.
L'utilisation du noir et blanc semble 
d'ailleurs vouloir accentuer cette pudeur, cette distance, comme pour ne pas forcer leur histoire et respecter leur fragilité.

Réalisation personnelle grâce à un casting fort qui semble avoir précédé le scénario, en tous cas pour le choix de Bruce dern, vieil homme autant vulnérable qu'antipathique, attachant qu'agaçant.
On perçoit et on comprend au cours du récit, les charges de sa famille à son encontre, son absence passée et son alcoolisme dont les conséquences sont claires dans l'éloignement que chacun tend à privilégier à son égard.

Alexander Payne ne juge jamais ses personnages mais ne les excuse pas non plus. S'il peut évoquer subtilement un contexte de misère sociale et humaine dans une Amérique profonde qui ne laisse aux individus d'autre alternative que de gober les mensonges publicitaires, il leur laisse, malgré tout, la responsabilité de leurs choix. Celui de l'alcoolisme pour Woody. Celui de l'indécision pour son fils. Ou encore celui de la résignation pour sa femme.
Il n'est pas indulgent avec une classe prolétaire que n'épargnent ni la méchanceté, ni la mesquinerie, à l'image de Ed Pegram, joué par un terrible Stacy Keach (Mike Hammer), effrayant d'hypocrisie, puisque seuls l'intéressent l'opportunité de profiter de son vieil ami et de grappiller quelques sous en souvenir d'une obscure dette.


L'humour est certainement ce qui permet au réalisateur de rendre ces protagonistes touchants en leur donnant la distance nécessaire vis à vis de leur médiocrité et c'est peut-être ce qui distingue une comédie d'un drame. Distance et dérision.
Un rire subtil, compatissant et contenant surtout une puissante vérité sur l'âme humaine, son ambivalence ainsi que sa capacité au meilleur comme au pire. Et c'est finalement David, le fils de Woody, qui se révèle le plus dans ses contradictions et qui fait le plus beau chemin dans ce road movie, accompagnant un père dont il n'a jamais rien reçu et dont il n'attend plus rien non plus.
Abnégation du fils qui devient homme en protégeant et guidant un vieillard dans ses lubies et dont il ne reçevra aucune reconnaissance mais qu'il accepte comme image paternelle.

C'est ce cheminement inattendu qui m'a le plus touché et fait de Nebraska le film émouvant qu'il faut voir.

Note : 4/5

 

 

Woody est un vieil homme que le temps, l'alcool et l'ennui ont rendu hermétique au monde et senil un peu plus chaque jour. Il reçoit pourtant une publicité par courrier lui annonçant le gain d'un million de dollar. N'ayant plus le droit de conduire il décide de partir à pied réclamer son dû vers le Nebraska. Devant son entêtement, son fils décide de l'emmener malgré les protestations de sa mère, acariâtre, qui ne supporte plus cet homme et aimerait plutôt le placer en foyer ...


Nebraska fait partie de cette tradition américaine des ronds movies à laquelle le prétexte d'une historiée, le plus souvent improbable, permet de décrire à la fois les magnifiques et immenses paysages désertiques Mais aussi le cheminement Intérieur de personnages que La vie n'a pas ménages et qui n'ont plus rien a perdre. Nebraska n'est d'ailleurs pas sans rappeler the straight story, très beau film de David Lynch, qui racontait l'histoire d'un vieil homme souhaitant rejoindre son frère à travers un périple sur tondeuse à gazon.
Mais si la thématique est presque devenue banale et que le film est ici très classique dans sa narration, sa réalisation demeure personnelle et intime. 
Intime de part la délicatesse d Alexander payne a faire de personnages aigris et frustrés, des êtres humains attachants avec leurs bagages existentiels que l'on devine lourds mais à peine effleurés. L'utilisation du noir et blanc semble vouloir accentuer cette pudeur, cette distance, comme pour ne pas forcer leur histoire et respecter leur fragilité.
Réalisation personnelle grâce à un casting fort qui semble avoir précédé le scénario , en tous cas pour le choix de Bruce dern, vieil homme autant vulnérable quantipathique , attachant qu agaçant. On perçoit et on comprend progressivement, au cours du récit, les charges de sa famille à son encontre, son absence passée et son alcoolisme a peine évoquées mais dont les conséquences sont claires dans l'éloignement que chacun tend à privilégier à son égard. Alexander payne ne juge jamais ses personnages mais ne les excuse pas non plus. S'il peut évoquer subtilement un contexte de misère sociale et humaines dans l'Amérique profonde, qui ne laisse aux individus d'autre alternative que de gober les mensonges publicitaires, il leur laisse malgré tout la responsabilité de leurs choix. Celui de l'alcoolisme pour Woody. Celui de l'indécision pour son fils. Ou encore celui de la résignation pour sa femme.
Il n'est pas indulgent avec une classe prolétaire que n'épargne ni la méchanceté, ni la mesquinerie à l'image de Ed,joué par, effrayant d'hypocrisie,puisque seul l'intéresse l'opportunité de profiter de son vieil ami et grappiller quelques sous en souvenir d'une obscure dette.
L'humour est certainement ce qui permet à Alexander payne de rendre ces personnages attachants en leur donnant la distance nécessaire vis à vis de leur médiocrité. C'est peut être ce qui distingue cette comédie d'un drame. Distance et dérision. Un rire subtil, compatissant et contenant surtout une puissante vérité sur l'âme humainé son ambivalence et sa capacité au meilleur comme au pire. Et c'est certainement le fils de Woody qui se révèle le plus dans ses contractiociottns et qui fait le plus beau chemin dans ce Road movie, accompagnant un père dont il n'a jamais rien reçu et dont il n'attend plus rien non plus . abnégation du fils qui devient homme en protégeant et guidant un vieillard dans ses lubies et dont il ne reçevra aucune reconnaissance.
C'est ce cheminement inattendu qui m'a le plus touché et fait de Nebraska le film drôle, tendre et touchant qu'il faut voir.

Woody est un vieil homme que le temps, l'alcool et l'ennui ont rendu hermétique au monde et senil un peu plus chaque jour. Il reçoit pourtant une publicité par courrier lui annonçant le gain d'un million de dollar. N'ayant plus le droit de conduire il décide de partir à pied réclamer son dû vers le Nebraska. Devant son entêtement, son fils décide de l'emmener malgré les protestations de sa mère, acariâtre, qui ne supporte plus cet homme et aimerait plutôt le placer en foyer ...


Nebraska fait partie de cette tradition américaine des ronds movies à laquelle le prétexte d'une historiée, le plus souvent improbable, permet de décrire à la fois les magnifiques et immenses paysages désertiques Mais aussi le cheminement Intérieur de personnages que La vie n'a pas ménages et qui n'ont plus rien a perdre. Nebraska n'est d'ailleurs pas sans rappeler the straight story, très beau film de David Lynch, qui racontait l'histoire d'un vieil homme souhaitant rejoindre son frère à travers un périple sur tondeuse à gazon.
Mais si la thématique est presque devenue banale et que le film est ici très classique dans sa narration, sa réalisation demeure personnelle et intime. 
Intime de part la délicatesse d Alexander payne a faire de personnages aigris et frustrés, des êtres humains attachants avec leurs bagages existentiels que l'on devine lourds mais à peine effleurés. L'utilisation du noir et blanc semble vouloir accentuer cette pudeur, cette distance, comme pour ne pas forcer leur histoire et respecter leur fragilité.
Réalisation personnelle grâce à un casting fort qui semble avoir précédé le scénario , en tous cas pour le choix de Bruce dern, vieil homme autant vulnérable quantipathique , attachant qu agaçant. On perçoit et on comprend progressivement, au cours du récit, les charges de sa famille à son encontre, son absence passée et son alcoolisme a peine évoquées mais dont les conséquences sont claires dans l'éloignement que chacun tend à privilégier à son égard. Alexander payne ne juge jamais ses personnages mais ne les excuse pas non plus. S'il peut évoquer subtilement un contexte de misère sociale et humaines dans l'Amérique profonde, qui ne laisse aux individus d'autre alternative que de gober les mensonges publicitaires, il leur laisse malgré tout la responsabilité de leurs choix. Celui de l'alcoolisme pour Woody. Celui de l'indécision pour son fils. Ou encore celui de la résignation pour sa femme.
Il n'est pas indulgent avec une classe prolétaire que n'épargne ni la méchanceté, ni la mesquinerie à l'image de Ed,joué par, effrayant d'hypocrisie,puisque seul l'intéresse l'opportunité de profiter de son vieil ami et grappiller quelques sous en souvenir d'une obscure dette.
L'humour est certainement ce qui permet à Alexander payne de rendre ces personnages attachants en leur donnant la distance nécessaire vis à vis de leur médiocrité. C'est peut être ce qui distingue cette comédie d'un drame. Distance et dérision. Un rire subtil, compatissant et contenant surtout une puissante vérité sur l'âme humainé son ambivalence et sa capacité au meilleur comme au pire. Et c'est certainement le fils de Woody qui se révèle le plus dans ses contractiociottns et qui fait le plus beau chemin dans ce Road movie, accompagnant un père dont il n'a jamais rien reçu et dont il n'attend plus rien non plus . abnégation du fils qui devient homme en protégeant et guidant un vieillard dans ses lubies et dont il ne reçevra aucune reconnaissance.
C'est ce cheminement inattendu qui m'a le plus touché et fait de Nebraska le film drôle, tendre et touchant qu'il faut voir.

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